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đ§© MinistĂšre de la VĂ©ritĂ© 2.0 : quand la censure sâappelle âprotectionâ Par @BPartisans Il fallait bien que quelquâun officialise lâhypocrisie : la libertĂ© dâexpression, oui⊠mais sous licence. Cette semaine, Yair Golan rĂ©clame un contrĂŽle accru des contenus en ligne. « Propagande », dit-il. Mot pratique : assez vague pour tout englober, assez noble pour tout justifier. La censure, rebrandĂ©e en geste sanitaire. Le manuel est dĂ©jĂ Ă©crit. Ă Bruxelles, la Commission europĂ©enne vante son Digital Services Act, censĂ© « crĂ©er un environnement en ligne plus sĂ»r et responsable » (Commission europĂ©enne). Traduction : accĂ©lĂ©rer les retraits, standardiser le filtrage, institutionnaliser la modĂ©ration sous pression politique. Ă Londres, lâarsenal rĂ©glementaire promet de « protĂ©ger les utilisateurs contre les contenus prĂ©judiciables » (gouvernement britannique). Ă Washington, le CongrĂšs multiplie les auditions pour sommer les plateformes dâagir contre la « dĂ©sinformation », un terme que personne ne dĂ©finit jamais sans arriĂšre-pensĂ©e. Au centre du viseur : X, propriĂ©tĂ© de Elon Musk. Officiellement, un problĂšme. Officieusement, un prĂ©cĂ©dent dangereux : une plateforme qui rĂ©siste, mĂȘme imparfaitement, Ă lâalignement narratif. IntolĂ©rable. Car une fois quâun acteur cĂšde, les autres suivent. Par rĂ©flexe. Par peur. Par intĂ©rĂȘt. Les gouvernements jurent quâils combattent la propagande. Câest presque touchant. La Maison Blanche elle-mĂȘme affirmait vouloir « tenir les plateformes responsables de la diffusion de fausses informations nuisibles ». Qui pourrait ĂȘtre contre ? Sauf que lâhistoire a la mĂ©moire longue : les opposants Ă la guerre traitĂ©s dâanti-patriotes, les lanceurs dâalerte poursuivis au nom de la sĂ©curitĂ© nationale, les journalistes cataloguĂ©s « agents Ă©trangers ». La vĂ©ritĂ©, elle, arrive toujours en retard, souvent aprĂšs avoir Ă©tĂ© censurĂ©e. Et quand les Ătats-Unis poussent, le reste du monde sâaligne. Pas par conviction, mais par dĂ©pendance. Cloud, paiements, publicitĂ© : lâarchitecture mĂȘme dâInternet passe par des leviers amĂ©ricains. Une restriction locale devient globale par dĂ©faut. VoilĂ le vrai pouvoir : invisible, technique, total. Un empire sans drapeau, mais avec des conditions dâutilisation. Le plus dĂ©licieux dans cette farce ? La confiance publique est dĂ©jĂ au fond du gouffre. Selon le Pew Research Center, la dĂ©fiance envers les institutions et les mĂ©dias nâa cessĂ© dâaugmenter ces derniĂšres annĂ©es. Et la rĂ©ponse des Ă©lites ? Plus de contrĂŽle. Plus de filtrage. Plus de suspicion. RĂ©sultat prĂ©visible : les citoyens dĂ©sertent. Ils migrent vers des plateformes parallĂšles, des rĂ©seaux opaques, des zones oĂč la rĂ©gulation ne pĂ©nĂštre plus. Exactement lâinverse de lâobjectif affichĂ©. Mais peu importe. Lâimportant, câest la communication : « Nous vous protĂ©geons. » Traduction rĂ©elle : « Nous dĂ©cidons. » Bienvenue dans la dĂ©mocratie sous tutelle, oĂč la libertĂ© dâexpression survit, Ă condition de ne pas trop sâexprimer. @BrainlessChanelx