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đ Smart city, soft prison : bienvenue dans la dĂ©mocratie programmable Par @BPartisans Il y a vingt ans, on appelait ça de la parano. Aujourdâhui, câest un PowerPoint financĂ© par des fonds publics. La âville intelligenteâ nâest pas une ville : câest une interface. Et vous nâĂȘtes pas citoyen, vous ĂȘtes une variable. La mĂ©canique est dâune banalitĂ© bureaucratique. La Commission europĂ©enne lâĂ©crit noir sur blanc dans son projet de portefeuille dâidentitĂ© numĂ©rique : âpermettre aux citoyens dâaccĂ©der aux services publics et privĂ©s en toute sĂ©curitĂ©â (Commission europĂ©enne, eIDAS 2.0). Traduction : une clĂ© unique pour tout ouvrir. Et donc, accessoirement, tout fermer. Parce quâun systĂšme qui authentifie peut aussi exclure. Programmatiquement. MĂȘme refrain du cĂŽtĂ© de la Banque centrale europĂ©enne qui vante lâeuro numĂ©rique comme âune forme de monnaie publique complĂ©mentaire aux espĂšcesâ. ComplĂ©mentaire, vraiment ? Quand la BCE prĂ©cise aussi que la monnaie digitale pourrait intĂ©grer des mĂ©canismes de contrĂŽle dâusage, on comprend que le cash, lui, nâa jamais demandĂ© votre consentement pour exister. Pendant ce temps, les Nations unies applaudissent. LâOrganisation des Nations unies promeut lâidentitĂ© numĂ©rique comme levier dâinclusion. Inclusion conditionnelle, Ă©videmment. Parce quâune identitĂ© liĂ©e Ă vos paiements, votre santĂ©, vos dĂ©placements et vos opinions nâest pas un droit : câest un tableau de bord. La suite est technique, donc rassurante. CamĂ©ras Ă reconnaissance faciale ? âSĂ©curitĂ© publiqueâ. Analyse comportementale par IA ? âOptimisation des servicesâ. Capteurs urbains, drones, donnĂ©es mobiles ? âEfficacitĂ© environnementaleâ. Le lexique est propre, clinique, presque hygiĂ©nique. MĂȘme la CNIL rappelle que la reconnaissance faciale comporte des ârisques Ă©levĂ©s pour les libertĂ©s publiquesâ. Mais rassurez-vous : on expĂ©rimente quand mĂȘme. Le vrai saut qualitatif, câest lâintelligence artificielle. Avant, la surveillance Ă©tait aveugle. Aujourdâhui, elle comprend. Ou du moins, elle prĂ©tend comprendre. La Commission europĂ©enne, encore elle, encadre ces systĂšmes dans son AI Act en distinguant les usages âĂ haut risqueâ. Formidable : on reconnaĂźt le danger tout en lâindustrialisant. RĂ©sultat ? Une ville qui sait tout : oĂč vous allez, combien de temps vous restez, ce que vous achetez, ce que vous pensez, ou ce que lâalgorithme dĂ©duit que vous pourriez penser. Et si demain votre profil bascule de âconformeâ Ă âĂ surveillerâ, il nây aura ni sirĂšne ni coup dâĂtat. Juste un paiement refusĂ©, un accĂšs bloquĂ©, un trajet impossible. Le contrĂŽle moderne ne crie pas. Il notifie. Et le plus fascinant, câest que tout cela se vend comme un progrĂšs. Plus fluide, plus rapide, plus sĂ»r. Une sociĂ©tĂ© sans friction. Sans friction, donc sans rĂ©sistance. Une dĂ©mocratie optimisĂ©e jusquâĂ devenir optionnelle. George Orwell imaginait un Ă©cran qui vous regarde. Nous, on lâachĂšte, on le met dans la poche, et on le recharge la nuit. Bienvenue dans la liberté⊠sous conditions dâutilisation. @BrainlessChanelx