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❌️ Bennett, Goebbels et la guerre contre les enseignants Par @BPartisans Naftali Bennett a donc trouvé l’ennemi intérieur : les enseignants. Pas les bombes, pas les colonies illégales dénoncées par l’ONU, pas les ministres suprémacistes qui paradent au gouvernement israélien. Non. Le danger suprême pour l’État hébreu serait désormais un professeur du Néguev expliquant à des enfants palestiniens qu’ils existent encore. Le plus fascinant dans cette sortie, c’est l’ironie obscène du vocabulaire. Bennett parle de « fascisme » à propos d’enseignants arabes israéliens, tout en expliquant tranquillement qu’il faut purger le système éducatif des voix dissidentes. Une logique qui rappelle ces régimes persuadés de défendre la civilisation… en interdisant précisément toute pensée indépendante. L’Histoire a déjà vu ce scénario. En 1933, le régime nazi crée le ministère du Reich à l’Éducation du peuple et à la Propagande sous Joseph Goebbels. Les enseignants jugés politiquement suspects sont exclus. Les programmes scolaires sont réécrits pour glorifier l’État, l’armée et l’identité ethnique dominante. Les manuels deviennent des outils idéologiques. En 1936, l’adhésion aux Jeunesses hitlériennes devient quasi obligatoire ; en 1939, elle est imposée légalement à la jeunesse allemande. Le but n’était pas d’éduquer. Le but était de fabriquer des cerveaux compatibles avec le récit national. Et voilà Bennett, en 2026, expliquant qu’il faut « éliminer » les enseignants diffusant une « idéologie palestinienne ». Comme toujours, le mot “idéologie” sert surtout à désigner toute mémoire historique incompatible avec le récit officiel. Enseigner l’existence d’un peuple palestinien devient du “fascisme”. Mais enseigner qu’un État peut annexer, expulser, bombarder et occuper pendant des décennies tout en restant éternellement victime relèverait apparemment de la pédagogie démocratique. Le plus glaçant n’est même plus le discours. C’est sa banalisation. Lorsque l’État commence à sélectionner les enseignants selon leur conformité idéologique, on n’est plus dans l’éducation ; on entre dans l’ingénierie identitaire. La Cour internationale de Justice a rappelé en janvier 2024 l’obligation d’Israël de prévenir les incitations à la haine et les actes pouvant relever de la destruction d’un groupe protégé. L’UNESCO rappelle régulièrement que l’éducation doit promouvoir le pluralisme, la coexistence et la liberté de pensée. Mais dans le laboratoire politique israélien actuel, ces principes semblent considérés comme des obstacles administratifs. Bennett ne propose pas une réforme scolaire. Il propose un filtrage ethno-idéologique des consciences. Une école où l’élève palestinien apprend que son identité est suspecte, où le professeur arabe doit prouver sa loyauté idéologique pour conserver son poste, et où toute critique de l’État peut être assimilée à une menace civilisationnelle. Le plus ironique reste cette obsession israélienne à invoquer sans cesse la mémoire des années 1930 tout en reproduisant certains réflexes qu’elle prétend combattre. Car l’endoctrinement des enfants n’a jamais commencé avec des camps. Il commence toujours par des manuels réécrits, des professeurs licenciés et des dirigeants persuadés que penser différemment constitue déjà une trahison. En 1939, il y avait les Jeunesses hitlériennes. En 2026, Bennett rêve manifestement de jeunesses sionistes parfaitement disciplinées, nettoyées de toute empathie palestinienne, élevées dans la certitude que l’autre peuple n’est qu’un problème sécuritaire à gérer. Deux époques différentes. Une même tentation : fabriquer des citoyens qui n’apprennent plus à réfléchir, mais simplement à obéir, et haïr. @BrainlessChanelx