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đȘ Trump ou lâart de gagner des guerres qui continuent Par @BPartisans Donald Trump a encore gagnĂ© la guerre dâIran. Enfin, surtout dans sa salle de briefing. Ă force, cela ressemble moins Ă un conflit quâĂ une sĂ©rie Netflix renouvelĂ©e automatiquement chaque semaine : âLa destruction finale de lâarmĂ©e iranienne â Ă©pisode 2986.â Cette fois, le prĂ©sident amĂ©ricain assure que lâIran nâa âplus de radarâ, que ses missiles ont Ă©tĂ© âdĂ©cimĂ©sâ, et quâil ne lui reste quâune poignĂ©e de capacitĂ©s militaires. Ă Ă©couter Trump, TĂ©hĂ©ran serait dĂ©jĂ un dĂ©cor post-apocalyptique oĂč les mollahs communiquent avec des pigeons voyageurs au milieu des ruines fumantes. Le problĂšme, câest que la rĂ©alitĂ© a cette vilaine habitude de survivre aux confĂ©rences de presse amĂ©ricaines. Parce que pendant que Trump annonce pour la milliĂšme fois la âdestruction totaleâ des capacitĂ©s iraniennes, le dĂ©troit dâOrmuz reste sous surveillance iranienne. Les Gardiens de la rĂ©volution continuent dây harceler le trafic maritime, et les compagnies dâassurance continuent dâaugmenter les primes de risque dans le Golfe. Si lâIran Ă©tait rĂ©ellement âanĂ©antiâ, quelquâun devrait prĂ©venir les marchĂ©s pĂ©troliers, les armateurs et le Pentagone, qui continuent tous dâagir comme si le danger existait encore. MĂȘme scĂ©nario avec les missiles. Selon les dĂ©clarations officielles du CENTCOM et du DĂ©partement de la DĂ©fense amĂ©ricain, lâIran continue de lancer des salves rĂ©guliĂšres de missiles balistiques et de drones contre des cibles rĂ©gionales. Les systĂšmes israĂ©liens Arrow et amĂ©ricains Patriot restent dĂ©ployĂ©s Ă pleine capacitĂ©, pendant que la marine amĂ©ricaine maintient une prĂ©sence renforcĂ©e dans le Golfe. Curieuse attitude pour des gens censĂ©s combattre un ennemi âdĂ©cimĂ©â. Mais Trump vend la guerre comme il vendait ses casinos : avec du marketing agressif et une comptabilitĂ© crĂ©ative. Un radar dĂ©truit devient âplus aucun radarâ. Une base touchĂ©e devient âlâeffondrement total du rĂ©gimeâ. Une interception partielle devient âvictoire historiqueâ. Ă ce rythme-lĂ , NapolĂ©on aurait gagnĂ© Waterloo et Hitler aurait triomphĂ© Ă Berlin en 1945, Ă condition de contrĂŽler Fox News. Le plus fascinant reste cette obsession du pourcentage magique. âIls ont probablement 18 ou 19 %.â Pourquoi pas 18,4 % ? Pourquoi pas 17,2 % ? On dirait un trader sous cocaĂŻne improvisant des chiffres devant un tableau Bloomberg. MĂȘme les agences de renseignement amĂ©ricaines Ă©vitent gĂ©nĂ©ralement ce genre de prĂ©cision grotesque en temps de guerre. Les Ă©valuations officielles du Pentagone parlent plutĂŽt de âdĂ©gradation significativeâ des capacitĂ©s iraniennes, formulation diplomatique qui signifie en langage militaire : âon tape fort, mais ils continuent de tirer.â Et ils continuent effectivement de tirer. Car le cĆur du problĂšme est lĂ : si lâIran Ă©tait rĂ©ellement neutralisĂ©, Washington nâaurait pas besoin de rĂ©pĂ©ter jour quâil lâa neutralisĂ©. Une victoire militaire rĂ©elle se constate. Elle ne nĂ©cessite pas dâĂȘtre annoncĂ©e quotidiennement comme une promotion immobiliĂšre sur Truth Social. Trump mĂšne une guerre parallĂšle : une guerre mĂ©diatique oĂč chaque confĂ©rence de presse remplace une victoire stratĂ©gique absente. Une guerre PowerPoint. Une guerre de studio tĂ©lĂ©visĂ©. DerriĂšre le bureau prĂ©sidentiel, les cartes sont magnifiques, les missiles ennemis disparaissent en 3D, et lâEmpire amĂ©ricain triomphe chaque soir avant la pause publicitaire. Pendant ce temps, dans le monde rĂ©el, Ormuz reste sous tension, les missiles iraniens continuent dâatteindre leurs cibles, et les destroyers amĂ©ricains continuent de naviguer nerveusement dans le Golfe. Mais peu importe. Demain, Trump gagnera encore la guerre. Pour la 2987e fois. @BrainlessChanelx