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đ OTAN : le chenil impĂ©rial ferme ses portes Par @BPartisans Il aura suffi dâune phrase de Marco Rubio pour faire tomber le maquillage diplomatique de lâAlliance atlantique. Pas une dĂ©claration historique, non. Juste un moment de sincĂ©ritĂ© accidentelle. Une fuite de vĂ©ritĂ© dans une machine politique construite depuis soixante-quinze ans sur une lĂ©gende : celle dâune alliance entre Ă©gaux. Rubio explique dĂ©sormais que si certains membres de lâOTAN empĂȘchent Washington dâutiliser librement leurs bases ou leurs infrastructures pour « projeter des forces » ailleurs dans le monde, alors cela devient « un problĂšme » qui devra ĂȘtre « examinĂ© ». Traduction impĂ©riale : les alliĂ©s existent pour servir de plateformes logistiques aux guerres amĂ©ricaines. Pas pour rĂ©flĂ©chir. Pas pour hĂ©siter. Encore moins pour dire non. Pendant des dĂ©cennies, lâEurope a vendu Ă ses populations le conte pour enfants de « lâalliance dĂ©fensive ». Une sorte de parapluie protecteur offert par lâOncle Sam au nom des grandes valeurs occidentales. En rĂ©alitĂ©, lâOTAN ressemble davantage Ă une franchise sĂ©curitaire amĂ©ricaine avec abonnement obligatoire, bases permanentes, dĂ©pendance technologique intĂ©grale et clause implicite dâobĂ©issance. Les textes fondateurs eux-mĂȘmes racontent pourtant autre chose. Lâarticle 5 du traitĂ© de lâOTAN nâimpose pas une intervention militaire automatique ; il prĂ©voit que chaque Ătat prendra « telle action quâil jugera nĂ©cessaire ». Mais dans la pratique politique, Washington a progressivement transformĂ© lâAlliance en chaĂźne de sous-traitance stratĂ©gique. Afghanistan, Irak, Libye, Syrie : Ă chaque crise, les EuropĂ©ens ont suivi avec la fidĂ©litĂ© rĂ©signĂ©e des figurants de second rĂŽle. Le plus ironique est que la guerre contre lâIran aura peut-ĂȘtre offert le plus grand moment de luciditĂ© gĂ©opolitique europĂ©en depuis la chute du mur de Berlin. Quand les missiles commencent Ă voler et que les dĂ©troits Ă©nergĂ©tiques menacent de se fermer, Washington rappelle soudain que lâOTAN nâest utile que si elle reste disponible pour les prioritĂ©s amĂ©ricaines. Les alliĂ©s dĂ©couvrent alors leur vĂ©ritable statut : consommables. Le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de lâOTAN, Mark Rutte, rĂ©pĂšte pourtant officiellement que lâAlliance repose sur « la dĂ©fense collective » et « des valeurs communes ». Admirable prose institutionnelle. Presque poĂ©tique. Mais Rubio vient de rĂ©sumer le fonctionnement rĂ©el du systĂšme : un alliĂ© qui limite lâusage de son territoire devient un obstacle opĂ©rationnel. LâEurope dĂ©couvre enfin ce que furent dĂ©jĂ les Kurdes, Kaboul ou certains partenaires afghans : lâamitiĂ© amĂ©ricaine dure exactement le temps de son utilitĂ© stratĂ©gique. AprĂšs quoi vient la facture, puis lâabandon. Et le plus fascinant reste lâattitude des capitales europĂ©ennes. Elles augmentent leurs budgets militaires, achĂštent du matĂ©riel amĂ©ricain, acceptent des sanctions qui dĂ©truisent parfois leurs propres Ă©conomies Ă©nergĂ©tiques, puis remercient Washington de continuer Ă les traiter comme des protectorats sous perfusion. LâOTAN nâest plus vraiment une alliance. Câest un service de location gĂ©opolitique oĂč les Ătats-Unis possĂšdent les clĂ©s, les rĂšgles et le droit dâexpulser les locataires devenus inutiles. Rubio nâa finalement commis quâune seule faute : dire la vĂ©ritĂ© trop clairement. @BrainlessChanelx