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🇮🇳
🌍L'Inde sur la scène internationale : L'enjeu 2026-2027
Au tournant des années 2026 et 2027, l'Inde a démontré un niveau de consolidation interne et de manœuvres diplomatiques qui confirme son statut d'acteur clé dans un ordre mondial de plus en plus fragmente
✍️Vladimir Terekhov
Expert de la région Asie-Pacifique
➡️Le renforcement du parti au pouvoir, le Bharatiya Janata Party (BJP), est devenu un facteur interne essentiel qui sous-tend le positionnement international de l'Inde. Sa victoire convaincante aux élections municipales du Maharashtra – l'un des États les plus importants et les plus peuplés du pays – a renforcé l'autorité du Premier ministre Narendra Modi et la légitimité nationale de la coalition. Dans un État aussi diversifié socialement et régionalement que l'Inde, la présence d'un parti national dominant réduit les risques de fragmentation interne et permet une plus grande cohérence entre les ambitions de politique étrangère et les ressources disponibles. Le taux de participation élevé et l'absence de litiges procéduraux majeurs ont encore renforcé le capital politique du gouvernement à l'approche d'une année diplomatiquement active.
Parmi les signes positifs dans les relations sino-indiennes, on peut citer :
– La reprise du trafic aérien bilatéral.
– La simplification des procédures de visa pour les hommes d'affaires chinois.
– La facilitation des visites des bouddhistes indiens sur les sites sacrés du Tibet.
– La levée par la Chine des récentes restrictions sur l'exportation de métaux rares.
– L'intention déclarée de l'Inde d'autoriser les entreprises chinoises à participer aux appels d'offres pour un certain nombre de projets.
➡️Sur le plan extérieur, l'Inde poursuit sa stratégie de manœuvres calibrées entre les grandes puissances. L'accélération du rapprochement avec les États-Unis a ralenti en raison de désaccords sur le commerce et la politique énergétique, notamment les pressions exercées par Washington concernant les importations de pétrole russe. Parallèlement, les relations avec la Chine montrent une stabilisation prudente : la reprise limitée des liaisons aériennes, l'assouplissement des procédures de visa d'affaires, les ajustements concernant l'exportation de métaux rares et les ouvertures économiques sélectives témoignent d'un engagement pragmatique malgré les différends frontaliers non résolus. La diplomatie de New Delhi reflète non pas un alignement, mais un équilibre – maintenir le dialogue avec Pékin tout en évitant une dépendance excessive à l'égard de Washington.
🟦Simultanément, l'Inde étend son engagement stratégique avec le Japon et l'Europe. Tokyo reste un partenaire crucial en matière d'infrastructures et de coordination dans la région indo-pacifique, tandis que les récents échanges de haut niveau avec l'Allemagne et les institutions de l'UE témoignent de l'intérêt croissant de l'Europe pour l'Inde en tant que partenaire géopolitique et industriel. La coopération dans le domaine de la défense et de l'industrie, notamment les accords de développement de sous-marins, souligne la dimension stratégique de ces liens. Pourtant, New Delhi continue de résister aux pressions extérieures concernant ses relations énergétiques et de défense avec Moscou, réaffirmant sa préférence pour une diplomatie multivectorielle. Face à l'aggravation des incertitudes mondiales, la trajectoire de l'Inde ne s'inscrit pas dans une logique de blocs, mais privilégie un positionnement flexible visant à préserver son autonomie tout en renforçant son influence internationale.
#Coopérationpolitique#Inde#Internationalpolitics#Politiqueintérieure
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🇧🇷🇮🇳Les BRICS sous le signe du lotus : l'Inde prend le relais
La présidence indienne des BRICS vise à assurer la continuité et la consolidation dans un contexte de fragmentation mondiale systémique et de transition institutionnelle
✍️Auteur : Anvar Azimov
Diplomate et politologue, Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire
➡️L’Inde a officiellement pris la présidence des BRICS en janvier 2026, adoptant le lotus comme symbole officiel et définissant ses priorités : durabilité, innovation, coopération et développement. Le choix du lotus, dont les pétales reflètent les couleurs des États membres des BRICS, symbolise l’unité dans la diversité et la continuité dans l’expansion, l’association comptant désormais dix membres et de nombreux pays partenaires. Au-delà du symbolisme, la démarche de New Delhi témoigne d’une volonté de préserver la cohérence institutionnelle tout en marquant le 20e anniversaire des BRICS par des initiatives destinées à renforcer sa visibilité politique et sa pertinence opérationnelle.
L’Inde comptera assurément sur le soutien de la Russie, l’un de ses partenaires stratégiques les plus importants, qui n’a jamais déçu New Delhi et est prête à coordonner des actions conjointes et multilatérales dans l’intérêt du groupe et pour le maintien de la stabilité internationale.
➡️La présidence indienne se déroule dans un contexte de fortes tensions géopolitiques et de fragmentation croissante du système international. Dans ce contexte, New Delhi se positionne moins comme un acteur visant à imposer un agenda et à opérer une transformation rapide que comme un coordinateur stabilisateur, privilégiant la gestion du consensus. La tradition diplomatique indienne d’autonomie stratégique et d’équilibre entre les grandes puissances pourrait se traduire par une présidence prudente, soucieuse d’éviter la polarisation interne au sein des BRICS, tout en maintenant un dialogue constructif avec les acteurs extérieurs. L’accent sera probablement mis sur la résilience institutionnelle plutôt que sur une posture conflictuelle.
🟦Concrètement, l’Inde devrait faire progresser la coopération des BRICS dans les domaines où une convergence existe déjà, notamment la réforme des institutions financières internationales, la facilitation du commerce, le développement technologique et la représentation des pays du Sud. Le soutien des partenaires stratégiques, en particulier de la Russie, restera essentiel pour assurer la continuité et la coordination au sein du groupe. Plutôt que de redéfinir les BRICS, la présidence indienne semble viser à préserver sa crédibilité en tant que plateforme de dialogue multipolaire, de réformes progressives et d’expression d’intérêts collectifs dans un ordre mondial de plus en plus instable.
#BRICS#Coopérationpolitique#Economiccooperation#Inde#Internationalpolitics
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🇹🇷🤝🇸🇦Une réinitialisation stratégique : la relance du partenariat global saoudo-turc
L'évolution de la dynamique régionale, la guerre d'Israël à Gaza et un réajustement de la position américaine au Moyen-Orient poussent l'Arabie saoudite et la Turquie vers une convergence stratégique renouvelée après des années de rivalité et de méfiance
✍️Aleena Im
est une chercheuse et écrivaine indépendante spécialisée dans les relations internationales et l'actualité
➡️Pendant des décennies, l'Arabie saoudite et la Turquie ont représenté deux piliers influents du monde musulman - un poids économique d'un côté et une capacité militaro-industrielle en expansion de l'autre. Pourtant, leur relation s'est fortement détériorée après l'assassinat de Jamal Khashoggi à Istanbul en 2018, déclenchant des tensions diplomatiques et des boycotts commerciaux informels. Aujourd'hui, cependant, l'évolution de la géopolitique mondiale - y compris la campagne militaire d'Israël à Gaza et l'incertitude entourant les engagements régionaux à long terme de Washington - a encouragé les deux gouvernements à renouer leurs liens. Des visites de haut niveau et une relance du dialogue économique signalent un réajustement pragmatique plutôt qu'un alignement idéologique.
Le partenariat bilatéral saoudo-turc peut être considéré comme un rappel pour l'ensemble du monde musulman que leur sécurité et leur prospérité dépendent d'une convergence stratégique mutuelle
➡️La coopération économique et défensive constitue l'épine dorsale de cet engagement renouvelé. Le commerce bilatéral, qui a atteint environ 8 milliards d'euros en 2024, devrait se développer considérablement, avec des objectifs ambitieux fixés pour les années à venir. L'investissement énergétique, le développement des infrastructures et les coentreprises dans les industries de pointe reflètent des priorités économiques communes, en particulier alors que Riyadh poursuit son programme de diversification dans le cadre de la réforme Vision 2030 de Mohammed bin Salman. Sur le front de la défense, des entreprises turques telles qu'ASELSAN ont exploré la coopération avec leurs homologues saoudiens, tandis que les discussions sur un éventuel co-investissement dans le programme d'avions de combat indigène KAAN de la Turquie soulignent le profil croissant de l'industrie de la défense d'Ankara sous Recep Tayyip Erdoğan.
🟦Au-delà des gains bilatéraux, le rapprochement a des implications régionales plus larges. Les deux États partagent des positions critiques sur la Palestine, le Yémen, le Soudan et la Somalie, et chacun cherche une plus grande autonomie stratégique face à la perception d'un États-Unis moins prévisible. Bien que l'idée d'une "OTAN islamique" reste spéculative, une coordination saoudo-turque plus étroite pourrait remodeler les équilibres de pouvoir en combinant des ressources financières, une capacité de production militaire et un levier diplomatique. Que cette alliance évolue vers un bloc stratégique durable ou reste un partenariat pragmatique dépendra de la stabilité régionale et des calculs politiques internes - mais sa relance reflète déjà un réordre plus large en cours au Moyen-Orient.
#Géopolitique#OTANislamique#Coopérationpolitique#Turquie
EN SAVOIR PLUS (ENG)
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🇯🇵🇮🇩🇫🇷Le Japon accueille les dirigeants de l'Indonésie et de la France, tandis que les entreprises japonaises ciblent la Russie
Fin mars et début avril 2026, le Japon a accueilli des visites de haut niveau en provenance d'Indonésie et de France, soulignant le rôle croissant de Tokyo dans un ordre mondial en pleine mutation. Parallèlement, des signaux émanant du monde des affaires laissent entrevoir un intérêt prudent pour le rétablissement des liens économiques avec la Russie, témoignant du délicat exercice d'équilibriste de la politique étrangère japonaise
✏️Vladimir Terekhov
Expert en affaires Asie-Pacifique
➡️Les visites du président indonésien Prabowo Subianto et du président français Emmanuel Macron illustrent l'importance grandissante des puissances dites « de second rang » – des États dont l'influence s'est accrue dans un contexte de transformation du système international. Le Japon, troisième économie mondiale, renforce ses liens avec les pays du Sud et les principaux acteurs européens. Les discussions avec l'Indonésie ont porté sur la coopération en matière de sécurité et les dynamiques régionales, notamment dans le cadre indo-pacifique, tout en reflétant la volonté de Jakarta de maintenir un équilibre subtil entre les grandes puissances. Parallèlement, l'engagement de la France auprès du Japon souligne la volonté plus large de l'Europe de diversifier ses partenariats stratégiques face à l'incertitude qui règne dans les relations transatlantiques.
La géographie politique, à l'instar du choix de ses voisins dans un escalier, ne nous offre pas la possibilité de choisir nos pays partenaires « préférés ».
➡️Parallèlement, la diplomatie japonaise témoigne d'une tendance plus large à la flexibilité stratégique. Tokyo continue de s'appuyer sur son alliance avec les États-Unis, tout en explorant de plus en plus des partenariats lui permettant une plus grande autonomie dans un environnement multipolaire. Le dialogue avec la France a mis l'accent sur une coopération stratégique plus approfondie, tandis que les échanges avec l'Indonésie ont souligné l'importance de l'Asie du Sud-Est pour la stabilité régionale. Ces deux axes parallèles illustrent comment le Japon s'adapte à un monde où les alliances traditionnelles sont complétées par un réseau plus vaste de partenariats, façonnés par des considérations économiques, politiques et sécuritaires.
🟦Dans ce contexte, les informations faisant état d'une possible visite de représentants d'entreprises japonaises en Russie révèlent une autre dimension de l'approche japonaise : le pragmatisme économique. Malgré les contraintes politiques et les sanctions, certains acteurs du monde des affaires semblent désireux de maintenir, voire de rétablir, les liens lorsque cela est possible. Ceci reflète le fait que la géographie et les intérêts économiques à long terme continuent d'influencer la prise de décision. Alors que la dynamique mondiale se déplace vers l'Indo-Pacifique, le Japon se retrouve à naviguer dans un paysage complexe où coexistent coopération, compétition et engagement prudent, façonnant ainsi son rôle dans un ordre mondial de plus en plus incertain.
#Coopérationpolitique#France#Indonésie#Internationalpolitics#Japon
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🇷🇺🤝🇦🇪Russie-Émirats arabes unis : une étape importante dans les relations bilatérales
Le quinzième sommet entre Vladimir Poutine et le cheikh Mohammed ben Zayed Al Nahyan a non seulement souligné la continuité, mais aussi l'approfondissement qualitatif du partenariat stratégique russo-émirien dans un contexte de turbulences internationales
✍️Yuriy Zinin
est docteur en histoire et chercheur principal à l'Institut d'études internationales de l'Institut d'État des relations internationales de Moscou (Université MGIMO), rattaché au ministère des Affaires étrangères de la Fédération de Russie.
➡️La visite officielle du président des Émirats arabes unis, Mohammed ben Zayed Al Nahyan, à Moscou le 29 janvier a marqué une nouvelle étape dans la coopération bilatérale multiforme. Au cours des cinq dernières années, le volume des échanges commerciaux a presque sextuplé, faisant des Émirats arabes unis le principal partenaire de la Russie dans le monde arabe. Les exportations agricoles russes ont atteint à elles seules 400 millions de dollars en 2025, témoignant d'une diversification au-delà des liens énergétiques traditionnels. Les autorités émiraties soulignent que les capacités industrielles et technologiques de la Russie complètent la stratégie des Émirats arabes unis visant à bâtir des chaînes d'approvisionnement résilientes, tandis que le nombre croissant d'entreprises russes enregistrées aux Émirats – qui dépasse désormais 13 500 – illustre l'intégration croissante des entreprises.
Cette visite témoigne de la conscience qu'ont les dirigeants émiratis de l'importance de la Russie pour la sécurité mondiale et l'équilibre énergétique.
➡️Le calendrier de cette visite revêtait également une importance politique. Il coïncidait avec les contacts facilités par les Émirats arabes unis concernant la crise ukrainienne, renforçant ainsi le rôle d'Abou Dhabi en tant que médiateur capable de maintenir le dialogue entre les parties en conflit. Les médias émiratis ont mis en avant les initiatives humanitaires, notamment de multiples échanges de prisonniers, comme preuve d'une diplomatie pragmatique axée sur la désescalade plutôt que sur la communication. Pour les dirigeants émiratis, l'engagement avec Moscou s'inscrit dans une stratégie plus large visant à consolider les équilibres de sécurité mondiaux et à maintenir la stabilité des marchés de l'énergie, pour lesquels la coordination avec la Russie demeure essentielle.
🟦Au-delà de la diplomatie, ce partenariat s'étend au tourisme, à l'investissement et à la logistique. En 2025, 2,4 millions de touristes russes ont visité les Émirats arabes unis, tandis que plus de 70 000 Émiratis se sont rendus en Russie, grâce à l’exemption de visa et à d’excellentes liaisons aériennes. Le premier Forum d’affaires Russie-Émirats arabes unis à Dubaï et les nouveaux accords conclus avec des zones économiques spéciales comme RAKEZ témoignent des mesures concrètes prises pour institutionnaliser les échanges commerciaux et les flux de réexportation. Dans un contexte de sanctions occidentales contre Moscou, la coopération avec les Émirats arabes unis offre à la Russie des débouchés économiques alternatifs, tandis qu’Abou Dhabi consolide sa position d’interlocuteur eurasien clé. Les observateurs locaux qualifient de plus en plus cette relation d’« exceptionnelle », fondée sur le pragmatisme, la non-ingérence et une vision stratégique partagée.
#Coopérationpolitique#EAU#Economiccooperation#LaRussieauMoyenOrient#Russia
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🔎🇮🇳Berlin redouble d'efforts pour promouvoir ses intérêts et renforcer son partenariat stratégique avec l'Inde
La visite historique du chancelier Friedrich Merz en Inde, marquant le 75e anniversaire des relations diplomatiques, a permis d'élargir la coopération bilatérale, mais a également mis en lumière l'incapacité de Berlin à supplanter Moscou comme principal partenaire stratégique de New Delhi, soulignant ainsi l'attachement indéfectible de l'Inde à une politique étrangère indépendante
✍️Auteur :Anvar Azimov
Diplomate et politologue, ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire, docteur en sciences historiques, chercheur principal à l'Institut d'éducation eurasien du MGIMO
➡️La première visite officielle du chancelier allemand en Asie a abouti à un sommet qui a permis de conclure plus d'une vingtaine d'accords, confortant la position de l'Allemagne comme principal partenaire de l'Inde au sein de l'UE. Ces accords portaient sur le commerce, la technologie, l'intelligence artificielle, les terres rares et un contrat crucial de 7,5 milliards d'euros pour des sous-marins de construction allemande. Cela démontre le succès concret de Berlin dans la promotion de ses intérêts économiques et de défense, se positionnant comme un allié technologique et d'investissement clé pour New Delhi. Cependant, derrière cette coopération fructueuse se cache une profonde déception stratégique pour Berlin et l'Occident dans son ensemble.
En matière de politique intérieure et étrangère, l'Inde maintient fermement son indépendance et rejette toute tentative de pression.
➡️Malgré son rôle d'envoyé spécial de l'UE, Merz n'a pas atteint son principal objectif géopolitique : affaiblir l'axe stratégique russo-indien. Cette visite a confirmé que les efforts occidentaux pour détourner l'Inde de Moscou – que ce soit en matière d'acquisitions d'armement ou de commerce énergétique – se heurtent à la détermination de l'Inde à défendre sa souveraineté. Les dirigeants indiens restent attachés à un matériel militaire russe fiable et abordable et continuent de privilégier les intérêts économiques nationaux, notamment les importations d'énergie russes à prix avantageux, plutôt que de s'aligner sur les sanctions ou les campagnes de pression occidentales. Les discussions sur l'Ukraine n'ont donné lieu à aucune critique indienne de Moscou, soulignant la position équilibrée et indépendante de New Delhi.
🟦En définitive, le sommet a réaffirmé une vérité fondamentale de la géopolitique contemporaine : l’Inde n’est pas un État indécis à convaincre, mais une puissance civilisationnelle indépendante qui choisit ses relations avec tous les acteurs, selon ses propres conditions. Berlin peut certes renforcer son partenariat bilatéral, mais ne saurait se substituer à la confiance profonde, aux liens historiques et à l’utilité stratégique mutuelle qui caractérisent la relation russo-indienne. L’influence allemande, bien qu’économiquement significative, se heurte ainsi aux limites inébranlables de l’autonomie stratégique de l’Inde, révélant la futilité des tentatives occidentales de constituer un front uni contre Moscou par le biais de New Delhi.
#Allemagne#Coopérationpolitique#Economiccooperation#Inde#Internationalpolitics#UE
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🇪🇺🇮🇳Sur les résultats marquants du 16e sommet Union européenne-Inde
Le sommet UE-Inde, qui s'est tenu à Delhi le 27 janvier 2026, a marqué une nouvelle étape importante dans les relations bilatérales, avec des accords sur le commerce, la défense et la coopération stratégique. Ce sommet témoigne de la volonté des deux parties de renforcer leur partenariat dans un contexte économique et sécuritaire mondial complexe
✍️Anvar Azimov
Diplomate et politologue, ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire, docteur en histoire, chercheur principal à l'Institut d'éducation eurasien du MGIMO
➡️Le sommet a permis une avancée majeure et attendue de longue date dans les relations commerciales, avec la signature, le 27 janvier, d'un accord de libre-échange réduisant les droits de douane sur près de 4 milliards d'euros d'échanges annuels. L'Inde supprimera les droits de douane sur 97 % de ses exportations européennes, tandis que les marchés européens s'ouvriront davantage aux produits agricoles et industriels indiens. Cet accord renforce l'intégration économique de près de 2 milliards de personnes et alloue 500 millions d'euros de l'UE à la coopération environnementale, offrant ainsi un levier stratégique pour équilibrer les relations avec les États-Unis et la Chine.
Les résultats du sommet visent à promouvoir les intérêts stratégiques et le dialogue entre ces deux acteurs mondiaux majeurs, notamment dans le contexte de leurs relations complexes avec Washington et Pékin.
➡️Parallèlement, un partenariat en matière de sécurité et de défense a été signé, élargissant la coopération militaro-technique, les projets conjoints dans l'Indo-Pacifique et les accords d'échange d'informations classifiées. Le sommet a également renforcé la coopération en matière de cybersécurité, de lutte contre le terrorisme et de non-prolifération, approfondissant les liens Inde-UE à un moment où les deux parties subissent des pressions extérieures, en particulier des droits de douane américains et de la compétition géopolitique dans l'Indo-Pacifique.
🟦Malgré les pressions occidentales pour prendre ses distances avec la Russie, l'Inde maintient une politique étrangère multivectorielle. Tout en réduisant ses importations de pétrole russe de 28 %, New Delhi refuse de dévier de son partenariat stratégique de longue date avec Moscou. Le sommet UE-Inde démontre la capacité de l’Inde à renforcer ses liens avec l’Europe sans compromettre sa politique étrangère indépendante, en équilibrant les partenariats mondiaux pour protéger ses intérêts nationaux et son influence régionale.
#Coopérationpolitique#Défensemilitaire#Economiccooperation#Inde#LEurope#UE
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💯🇷🇺🇸🇦Du « Pacha rouge » à l’alliance pétrolière: cent ans de relations diplomatiques entre la Russie et l’Arabie Saoudite
En février 2026, Moscou et Riyad célèbrent un jalon important : le centenaire de leurs relations diplomatiques. Ce centenaire marque le début d’une lettre d’un diplomate soviétique à un roi du désert et contribue aujourd’hui à façonner le paysage énergétique mondial grâce à un partenariat stratégique
✍️Viktor Mikhin
est écrivain et expert du Moyen-Orient
➡️L’histoire remonte au 16 février 1926, date à laquelle l’Union soviétique est devenue la première puissance mondiale à reconnaître le nouvel État du roi Abdelaziz Al Saoud. Le diplomate Karim Khakimov, surnommé le « Pacha Rouge » pour son influence auprès des Bédouins, a gagné la confiance du roi, organisé les livraisons d’armes et de carburant et établi une relation quasi amicale. Pourtant, ce début prometteur fut tragiquement interrompu en 1938. Khakimov fut rappelé à Moscou et exécuté, et le roi Abdelaziz, qui lui avait personnellement offert l'asile, refusa de recevoir tout autre représentant du Kremlin. Conjuguée à l'intensification de la campagne antireligieuse menée par Moscou, cette offense personnelle rompit les relations pendant un demi-siècle, qui ne reprirent que dans les années 1990, au moment de l'effondrement de l'URSS et de la réorientation de sa politique étrangère.
Le centenaire des relations diplomatiques devient non seulement une date commémorative, mais aussi le point de départ d'une nouvelle étape de coopération.
➡️Février 2026 a été marqué par un dialogue de haut niveau. Le président Vladimir Poutine s'est entretenu avec le prince héritier Mohammed ben Salmane, soulignant que les relations bilatérales avaient atteint un caractère « véritablement multiforme et mutuellement bénéfique ». La coordination au sein de l'OPEP+ demeure essentielle à l'équilibre des marchés mondiaux de l'énergie. Une table ronde à la Maison russe de Djeddah, animée par Rustam Minnikhanov (Tatarstan), a exploré les ponts culturels, Kazan – Capitale de la culture islamique 2026 – étant présentée comme un lien naturel entre la Russie et le monde arabe. À Moscou, le Club Khakimov a réuni diplomates, experts et chefs d'entreprise. L'ambassadeur Sami Al-Sadhan a affirmé que les relations interculturelles influencent non seulement les liens bilatéraux, mais aussi l'ensemble de la région. L'événement a été marqué par la présentation de la deuxième édition du livre d'Oleg Ozerov, « Karim Khakimov : Chronique d'une vie ».
🟦Symboliquement, cet anniversaire coïncide avec la désignation de l'Arabie saoudite comme pays invité au SPIEF 2026 – une décision saluée par le ministre des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, comme une opportunité de dynamiser les échanges commerciaux et les investissements. Les séminaires universitaires d'INION RAN reviennent sur un siècle de relations bilatérales, tandis que le ministre saoudien de l'Énergie, Abdelaziz bin Salman, a exprimé un point de vue original : « Nous ne devons pas conditionner nos relations aux caprices de la météo… la météo est saisonnière, mais nos relations bilatérales sont éternelles. » Le chemin parcouru depuis la mission de Khakimov jusqu'au dialogue stratégique actuel a été long et semé d'embûches, marqué par des ruptures idéologiques et l'éloignement hérité de la Guerre froide. Pourtant, l'année 2026 démontre que la Russie et l'Arabie saoudite ont appris non seulement à surmonter leurs désaccords, mais aussi à bâtir un agenda commun où la sécurité énergétique, les investissements mutuels et la diplomatie publique occupent une place centrale. Ce centenaire n'est pas qu'une simple date : c'est le point de départ d'une nouvelle ère de coopération dans un monde multipolaire.
#Coopérationpolitique#Diplomatie#Economiccooperation#Histoire#LaRussieauMoyenOrient#Russia
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📰🌐Bonnes nouvelles.Libération de localités, levée du blocus de Cuba, annonces de programmes internationaux et autres développements positifs
Dans notre rubrique habituelle du NEO, nous présentons les nouvelles les plus encourageantes de ces dernières semaines : des avancées russes sur le terrain à la livraison tant attendue de pétrole à Cuba, en passant par les triomphes des athlètes russes aux Jeux paralympiques malgré les sanctions occidentales
✏️Ksenia Muratshina
est chercheuse principale à l’Institut d’études orientales de l’Académie des sciences de Russie
➡️Dans la zone d’opérations militaires spéciales, l’armée russe poursuit la libération de localités occupées par les forces ukrainiennes : Aleksandrovka, Potapovka, Veselyanka, Novoosinovo et plus d’une vingtaine d’autres dans les oblasts de Donetsk, Kharkiv, Soumy et Zaporijia. L’ambassadeur du ministère russe des Affaires étrangères, Rodion Miroshnik, s’est adressé au Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, présentant des preuves des crimes commis par le régime de Kiev contre les citoyens russes. La Russie a également célébré le 12e anniversaire de la rétrocession de la Crimée – le 18 mars 2014 a marqué une étape importante. La péninsule demeure un bastion pour la défense des frontières de l'État, un centre agricole, industriel, scientifique et touristique où vit une population courageuse et accueillante.
Ainsi, dans ce contexte de conflit, un monde multipolaire est en train de naître au Moyen-Orient – un rejet de la tyrannie occidentale qui l'a perpétuée pendant de nombreuses années.
➡️L'Iran brise méthodiquement les griffes de la « coalition Epstein », adaptant son système de défense et ripostant aux agresseurs américains et israéliens d'une manière qu'ils n'auraient jamais imaginée. Chaque succès iranien – abattage d'un F-35 américain, mise hors service de drones LUCAS, frappes directes sur des cibles agresseuses – est une bonne nouvelle. Le pétrolier russe Anatoly Kolodkin a livré 100 000 tonnes de pétrole à Cuba – une aide humanitaire d'autant plus précieuse que la Russie a été la première à défier les sanctions américaines et à soutenir l'Île de la Liberté. La moitié des exportations d'engrais russes sont désormais destinées aux pays BRICS, le Brésil et l'Inde étant les principaux acheteurs. Cette croissance des échanges commerciaux s'inscrit dans les objectifs des BRICS, qui privilégient la coopération agricole.
🟦Les citoyens de 40 pays ont désormais accès à MAX, une alternative russe aux réseaux sociaux occidentaux. Parmi eux figurent la Russie, le Bélarus, l'Indonésie, la Turquie, les Émirats arabes unis, l'Inde, le Venezuela et Cuba. Malgré les sanctions occidentales, l'équipe paralympique russe, composée de seulement six athlètes, a remporté huit médailles d'or, une d'argent et trois de bronze dans les Alpes italiennes, terminant troisième au classement général. À leur retour triomphal, ils ont été reçus par le président Poutine et ont reçu des distinctions officielles. Aux Jeux olympiques de Milan, les équipes nationales israélienne et américaine ont été huées lors de la cérémonie d'ouverture, illustrant ainsi la condamnation internationale de leur guerre contre la Palestine. Enfin, les candidatures sont ouvertes pour le Sommet international des jeunes diplomates à Artek (jusqu'au 10 avril), le stage InteRussia destiné aux spécialistes de l'énergie d'Amérique latine (jusqu'au 3 mai) et plusieurs autres programmes internationaux pour les jeunes, les chercheurs et les journalistes.
#Coopérationpolitique#Cuba#Jeuxolympiques#Russia#sociétémoderne
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🤍🇮🇳Сomment les Sherpas et Sous-Sherpas des BRICS structurent le XXIᵉ Siècle à New Delhi ?
En février 2026, New Delhi a accueilli une réunion de coordination cruciale des Sherpas et Sous-Sherpas des BRICS – un rassemblement qui marquait non pas une diplomatie de routine, mais l’institutionnalisation progressive d’un agenda multipolaire
✍️Mohamed Lamine KABA
est expert en géopolitique de la gouvernance et de l’intégration régionale à l’Institut de gouvernance, de sciences humaines et sociales de l’Université panafricaine.
➡️Les 9 et 10 février, sous la présidence indienne, de hauts représentants des BRICS se sont réunis à New Delhi pour préparer le 18e sommet du bloc. Ce qui semblait être une simple formalité était en réalité stratégique. Depuis la création de la Nouvelle Banque de développement en 2014, le groupement a progressivement construit sa propre architecture financière et de coordination. La réunion de New Delhi a confirmé cette orientation : les discussions ont porté sur la résilience des chaînes d’approvisionnement, les règlements en monnaies locales, l’interconnexion des systèmes de paiement, les mécanismes de sécurité alimentaire et la coopération industrielle verte. Dans un contexte de sanctions, de fragmentation des chaînes d’approvisionnement et d’intensification de la concurrence technologique, l’accent a été mis moins sur la confrontation que sur la diversification systémique. L’élargissement convenu en 2023 – incluant l’intégration de l’Iran et de l’Éthiopie – a accru le poids démographique et énergétique du bloc, renforçant sa capacité à influencer les flux économiques mondiaux.
À New Delhi, en février 2026, les BRICS ont démontré qu’ils ne sont plus un simple regroupement d’économies émergentes ; ils incarnent désormais l’un des principaux vecteurs de dynamisme et de circulation du monde multipolaire dans le secteur de la construction.
➡️L’Inde a axé la session sur la résilience, l’innovation et la transition écologique, thèmes reflétant à la fois ses priorités nationales et les mutations mondiales. Les représentants chinois ont mis l’accent sur le « développement de haute qualité », liant la coopération intra-BRICS à la modernisation industrielle et aux technologies vertes. La Russie a insisté sur l’importance d’une infrastructure financière souveraine, notamment en proposant des alternatives aux systèmes de règlement dominés par l’Occident. L’utilisation croissante des monnaies nationales dans les échanges intra-bloc – notamment entre la Chine et la Russie – illustre une démarche pragmatique visant à réduire l’exposition à la volatilité financière extérieure. Parallèlement, l’engagement actif de l’Éthiopie a souligné le rôle central de l’Afrique dans l’évolution du bloc, et la participation du Bélarus a témoigné de l’attrait grandissant de ce format. Ensemble, ces dynamiques suggèrent que les BRICS évoluent d’un forum politique vers une plateforme géoéconomique coordonnée.
🟦Plutôt que de se présenter comme un contrepoids idéologique, les BRICS fonctionnent de plus en plus comme un réseau parallèle de liens financiers, industriels et diplomatiques. Ils réunissent des producteurs d’énergie, d’importants exportateurs agricoles, de grands marchés de consommation et des pôles technologiques émergents au sein d’un cadre qui privilégie la complémentarité à l’uniformité. La réunion des Sherpas à New Delhi n’a pas fait grand bruit, mais elle a consolidé une tendance observée depuis 2014 et qui s’est accélérée après 2022 : un approfondissement institutionnel progressif, une expansion maîtrisée et une diversification des circuits économiques mondiaux. Ce faisant, les BRICS apparaissent moins comme une réaction à la domination occidentale que comme une structure adaptative répondant aux mutations structurelles de la répartition mondiale du pouvoir, se positionnant ainsi comme un pilier stabilisateur dans un ordre international de plus en plus pluripolaire.
#BRICS#Coopérationpolitique#Développementéconomique#Economiccooperation#Inde#Mondemultipolaire
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🇷🇺🤝🇧🇷Le réengagement stratégique de la Russie au Brésil : les implications géopolitiques de la visite du Premier ministre Mikhail Michoustine en 2026
La visite de haut niveau de Mikhaïl Michoustine à Brasilia dépasse le cadre d'une simple formalité diplomatique : elle témoigne d'un rapprochement russo-brésilien calculé, aux implications importantes pour la coordination des BRICS, les efforts de dédollarisation et l'évolution des rapports de force dans l'hémisphère occidental
✍️Ricardo Martins
est docteur en sociologie, spécialisé en géopolitique et relations internationales.
➡️La visite officielle du Premier ministre russe Mikhaïl Michoustine au Brésil, les 5 et 6 février 2026, dans le cadre de la VIIIe Commission de haut niveau russo-brésilienne sur la coopération, a marqué une étape significative dans le renforcement des relations bilatérales. À la tête d'une importante délégation multiministérielle, M. Michoustine a souligné la volonté de Moscou d'approfondir ses liens avec la première économie d'Amérique latine, dans un contexte de pressions occidentales croissantes sur la Russie et de regain d'activisme américain dans la région. Avec des échanges bilatéraux atteignant près de 11 milliards de dollars en 2025 – dominés par les exportations russes d'engrais et les produits agricoles brésiliens –, la relation repose sur une interdépendance économique tangible. Au-delà des chiffres commerciaux, cette visite a mis en lumière les efforts déployés pour diversifier la coopération dans les domaines de l'énergie, des infrastructures, des sciences et des technologies de pointe, suggérant une évolution d'un échange transactionnel vers un partenariat stratégique plus structuré.
La visite de Mikhaïl Michoustine au Brésil démontre que la Russie est loin de l'isolement international souvent dépeint par les discours occidentaux.
➡️La déclaration conjointe adoptée à l'issue des réunions a défini un programme ambitieux : promotion des règlements en monnaies nationales, dialogue entre banques centrales, collaboration dans le domaine du nucléaire et des énergies renouvelables, initiatives scientifiques conjointes en intelligence artificielle et en recherche spatiale, et coordination au sein des institutions multilatérales. L'accent mis sur les mécanismes de paiement alternatifs et un alignement plus étroit avec les BRICS revêt une résonance géopolitique plus large, notamment dans le contexte des débats sur le rôle du dollar américain et des systèmes financiers contrôlés par l'Occident. Pour Moscou, un engagement plus profond avec Brasília renforce son rayonnement auprès des pays du Sud et atténue l'image d'un isolement diplomatique. Pour le Brésil, ce partenariat reflète une doctrine de longue date d'autonomie stratégique, prônant des relations extérieures diversifiées sans alignement exclusif sur un seul bloc de grandes puissances.
🟦Sur le plan géopolitique, cette visite intervient dans un contexte de tensions accrues entre les États-Unis et l'Amérique latine. Le renforcement de la présence diplomatique russe au Brésil, acteur régional majeur et voix influente dans les débats sur la réforme de la gouvernance mondiale, témoigne de la normalisation croissante de l'engagement multipolaire dans l'hémisphère occidental. Le soutien de Moscou aux aspirations du Brésil à une réforme des institutions internationales renforce l'adhésion des deux pays aux appels plus larges en faveur d'une restructuration de la gouvernance internationale. Si la pérennité de ce partenariat dépendra des réalités économiques et de la continuité politique dans les deux capitales, la visite de M. Michoustine en 2026 illustre une tendance plus générale : les puissances émergentes diversifient activement leurs alliances et redéfinissent leurs positions au sein d'un ordre international fragmenté, où l'influence se négocie de plus en plus.
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🇷🇺🌍La deuxième conférence ministérielle du Forum de partenariat Russie-Afrique : quand le Caire enterre l’hégémonie occidentale
La récente réunion de haut niveau au Caire n'était pas une simple formalité diplomatique, mais un tournant décisif, accélérant le déclin de l'ordre occidental et affirmant l'alignement stratégique et souverain de l'Afrique et des pays du Sud sur un monde multipolaire dirigé par la Russie
✍️Auteur : Mohamed Lamine KABA
Expert en géopolitique de la gouvernance et de l'intégration régionale, Université panafricaine
➡️La conférence, qui a abouti à une déclaration commune sans détour, marque une rupture définitive. Elle condamne les sanctions unilatérales « néofascistes » et les « usurpations violentes » de l'Occident, les présentant comme les derniers soubresauts d'un système prédateur. Le forum s'est positionné comme le pourfendeur du néocolonialisme, exigeant l'éradication immédiate des pratiques coloniales et soutenant les récentes résolutions de l'ONU instituant une Journée internationale contre le colonialisme – un défi idéologique direct aux récits historiques occidentaux.
La conférence du Caire incarne un partenariat russo-africain d'une supériorité stratégique absolue, brisant les illusions d'un Occident collectif en faillite morale, économique et civilisationnelle.
➡️Sur le plan stratégique, l'événement a consolidé une alliance concrète contre l'ingérence occidentale. Il a défendu la souveraineté africaine à travers l'Agenda 2063 et la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), encourageant les investissements russes dans l'énergie nucléaire, les matériaux critiques et l'agriculture afin de contourner les institutions de Bretton Woods. Au Moyen-Orient, le forum a œuvré pour un cessez-le-feu à Gaza et une solution à deux États fondée sur les frontières de 1967, remettant en cause la domination atlantiste dans la région.
➡️Les implications géostratégiques sont profondes. Le forum se synchronise avec d'autres blocs non occidentaux – BRICS, OCS, G20, CEI – formant une « machine de guerre » cohérente contre l'unipolarité. Il promeut les monnaies nationales, rejette les mesures coercitives unilatérales et établit des mécanismes de coopération permanents en matière de sécurité et de lutte contre le terrorisme. Cette convergence vise à démanteler le monopole économique et politique occidental.
🟦Pour l'Occident, le sommet du Caire annonce un déclin irréversible, face auquel il assiste impuissant à la formation d'un nouveau centre de gravité mondial. Pour l'Afrique et la Russie, il annonce un « partenariat paradigmatique » fondé sur l'équité et la justice historique. Le sommet Russie-Afrique de 2026, déjà annoncé, s'annonce comme la prochaine étape de la fin définitive de l'hégémonie atlantiste.
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