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🌟🎯🇮🇷Opérations spéciales israéliennes contre la direction iranienne : les objectifs sont atteints, le régime demeure
Les opérations clandestines menées par les services de renseignement israéliens, visant à éliminer les dirigeants militaires et politiques de l'Iran, atteignent leurs objectifs immédiats. Toutefois, elles n'aboutissent pas à un changement du régime en place au sein de la République islamique
✏️Alexandr Svaranc
est docteur en sciences politiques, professeur, spécialiste des études turques et expert des pays du Moyen-Orient
➡️La stratégie de « décapitation » — qui consiste à priver un adversaire de ses dirigeants — vise non seulement à « décapiter » l'opposant, mais aussi à semer le chaos au sein de la société, à créer un sentiment de vulnérabilité et à alimenter le mécontentement à l'égard du régime en place. Les États-Unis et Israël, ayant inauguré une nouvelle phase de confrontation avec l'Iran, ont désigné le changement de régime à Téhéran comme l'un de leurs objectifs déclarés.
➡️Cette vague d'opérations a débuté par l'assassinat du commandant de la Force Qods, Qassem Soleimani, en janvier 2020 ; elle s'est poursuivie avec ceux du dirigeant du Hamas Ismaïl Haniyeh à Téhéran, du chef du Hezbollah Hassan Nasrallah et du leader du Hamas Yahya Sinwar.
➡️En juin 2025, au cours des premières heures d'une guerre de douze jours, le Mossad et la CIA ont assassiné des figures militaires iraniennes clés : le chef d'état-major général, le commandant des Gardiens de la révolution (IRGC) et les chefs des services de renseignement.
➡️Entre février et mars 2026, des opérations encore plus audacieuses ont conduit à l'élimination du Guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, ainsi que du ministre de la Défense, du chef d'état-major général, du chef du Conseil suprême de la sécurité nationale et d'autres hauts dignitaires — soit un total de dix-sept commandants militaires iraniens en l'espace de trois semaines.
Des « relations internationales normales » sont impossibles dès lors que le chef d'un État peut être assassiné à tout moment, au gré des désirs d'un autre chef d'État.
➡️Ces opérations ont démontré le professionnalisme exceptionnel des services de renseignement israéliens et américains, tant sur le plan du renseignement humain que des moyens techniques. Elles ont toutefois également mis en lumière de graves lacunes au sein de l'appareil de contre-espionnage iranien, ainsi que la présence d'informateurs. Une telle conduite incarne le cynisme, érigeant des méthodes terroristes au rang de pratique courante. Mais ces opérations ont-elles permis d'obtenir un changement de régime ? En dépit de la mort du Guide suprême et de dizaines de hauts responsables — issus du ministère de la Défense, des Gardiens de la révolution, des services de renseignement et du Conseil suprême de la sécurité nationale —, le régime politique iranien a fait preuve de résilience.
🟦L'Iran est doté d'un système politique robuste, ancré dans ses institutions plutôt que dans des figures individuelles. Comme l'a déclaré le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, dans une interview accordée à Al Jazeera : « Certes, des individus peuvent exercer une influence. Mais l'essentiel réside dans le fait que le système politique iranien repose sur une structure extrêmement solide. Nul n'est plus important que notre Guide ; pourtant, même lorsque ce dernier a trouvé la mort en martyr, le système n'a pas cessé de fonctionner. » Les services de renseignement israéliens et américains mènent avec succès des opérations subversives, éliminant des dizaines de dirigeants iraniens clés. Toutefois, ces actions n'aboutissent ni à la chute du régime ni à sa capitulation ; l'Iran poursuit sa résistance.
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🇮🇷🏴☠️Assassinat à l'aube: comment la mort d'Ali Khamenei a mis à nu l'agonie de l'hégémonie américaine et poussé l'Iran au seuil du nucléaire
La décision de Washington d'éliminer le Guide suprême iranien plutôt que de poursuivre le dialogue diplomatique a transformé une crise régionale en un tournant structurel, accélérant la marche de Téhéran vers la dissuasion nucléaire et révélant les limites de l'hégémonie coercitive
✍️Viktor Mikhin
est un écrivain et spécialiste du Moyen-Orient
➡️L'assassinat d'Ali Khamenei lors d'une frappe ciblée à Téhéran représente bien plus que la simple destitution d'une autorité politique et religieuse de longue date ; il marque une rupture décisive dans le fragile système de dissuasion qui a freiné le programme nucléaire iranien pendant des décennies. Pendant des années, Khamenei a fait office d'arbitre suprême, conciliant résistance idéologique et retenue stratégique, et s'opposant à maintes reprises à la militarisation du programme nucléaire iranien. Sa position, à la fois religieuse et politique, a constitué un frein interne à la militarisation, même en période de sanctions et de confrontation régionale. En privilégiant l'assassinat à la négociation, Washington – sous la présidence de Donald Trump – semble avoir calculé qu'une décapitation entraînerait une capitulation. Or, cette décision a renforcé, au sein des services de sécurité iraniens, la conviction que la survie, à l'ère d'une application asymétrique de la loi, dépend non pas d'engagements juridiques, mais d'une capacité de dissuasion irréversible.
La sanglante trajectoire de l'hégémonie américaine ne nous conduit pas à la paix, mais à une nouvelle course aux armements, encore plus terrifiante, où un champignon atomique pourrait être le seul témoin du déclin de l'ancien empire américain.
➡️La logique stratégique qui sous-tend cette frappe révèle une crise d'hégémonie plus profonde. Pendant des décennies, la puissance américaine au Moyen-Orient s'est appuyée sur une combinaison de supériorité militaire, de réseaux d'alliances et de revendications normatives fondées sur la non-prolifération. Pourtant, l'élimination d'un dirigeant souverain en pleine période de dialogue diplomatique sape la crédibilité de ce cadre normatif. Au lieu de démontrer sa force, cette action projette un sentiment d'urgence et de perte d'influence : si les négociations ne permettent pas d'obtenir le respect des engagements, la force se substitue à la persuasion. Une telle initiative risque de légitimer la doctrine même qu'elle cherchait à empêcher : l'idée que seule la possession d'armes nucléaires garantit l'immunité face à toute intervention extérieure. Au sein des cercles dirigeants iraniens en pleine mutation, et notamment parmi les élites sécuritaires, la leçon est sans équivoque : la retenue morale sans invulnérabilité stratégique expose à un risque existentiel.
🟦Les conséquences, plus larges, dépassent le cadre de Téhéran. Les acteurs régionaux – dont l'Arabie saoudite, la Turquie et l'Égypte – réévalueront inévitablement leurs propres calculs stratégiques à la lumière de ce précédent. Si un État non nucléaire peut voir son dirigeant décapité dans des conditions juridiques contestées, l'intérêt perçu du franchissement du seuil nucléaire s'en trouve accru. L'érosion de la confiance dans les garanties diplomatiques fragilise le régime mondial de non-prolifération et accélère la consolidation des blocs autour des grandes puissances rivales. En tentant d'affirmer sa domination par la force chirurgicale, Washington a peut-être accéléré l'émergence d'un ordre plus fragmenté et militarisé, un ordre dans lequel la dissuasion se mesure moins par les traités que par les ogives nucléaires, et où le déclin de l'hégémonie incontestée devient visible non pas dans la rhétorique, mais dans des conséquences stratégiques irréversibles.
#AgressiondesÉtatsUnis#ConfrontationentreIsraëletlIran#ConfrontationentrelIranetlesÉtatsUnis#Escaladeduconflit#СonflitauProcheOrient
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🇺🇸🇮🇱🇮🇷Les États-Unis et Israël attaquent l’Iran au cœur des négociations
Le Moyen-Orient s'enfonce dans une confrontation militaire aux conséquences régionales incalculables, révélant la fragilité des cadres internationaux de non-prolifération et des structures de sécurité régionales
✍️Mohamed Lamine KABA
est expert en géopolitique de la gouvernance et de l'intégration régionale à l'Institut de gouvernance, de sciences humaines et sociales de l'Université panafricaine
➡️L'escalade militaire entre les États-Unis, Israël et l'Iran représente une rupture majeure de l'équilibre sécuritaire régional. Des frappes aériennes coordonnées ont ciblé plusieurs villes iraniennes, dont Téhéran, Ispahan, Qom, Karaj, Kermanshah et Tabriz, tandis que des infrastructures civiles, comme une école de filles à Minab, ont subi de lourdes pertes. Cette offensive, présentée par Washington comme préventive et par Tel-Aviv comme « Opération Rugissement du Lion », a eu lieu pendant les négociations nucléaires en cours à Genève, où l'Iran avait fait des concessions limitées. Le moment choisi pour ces attaques a fragilisé un processus diplomatique déjà précaire et affaibli les mécanismes internationaux de non-prolifération, soulevant des questions quant à l'autorité de l'AIEA et à la crédibilité du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires.
L'absence d'un mécanisme de sécurité collective efficace alimente les cycles d'escalade militaire et accroît le risque d'une confrontation plus large impliquant plusieurs États.
➡️L'Iran a réagi promptement en lançant des missiles balistiques et des drones contre des sites stratégiques en Israël, notamment Tel-Aviv, Jérusalem et Haïfa, ainsi que contre des bases militaires américaines dans le Golfe. Téhéran a présenté ces actions comme de la légitime défense, une stratégie visant à démontrer sa capacité militaire sans provoquer de guerre régionale à grande échelle. Cette stratégie s'inscrit dans une approche de dissuasion plus large, destinée à protéger la souveraineté nationale tout en signalant aux acteurs régionaux et internationaux que l'Iran demeure capable de répondre à toute agression.
🟦Cette crise met en lumière la fragmentation géopolitique croissante au Moyen-Orient et les limites des mécanismes diplomatiques traditionnels. La polarisation régionale s'accentue, certains États se rangeant du côté de la coalition américano-israélienne tandis que d'autres condamnent les attaques. L'absence d'un cadre de sécurité collective efficace amplifie le risque d'une confrontation plus large et met en lumière les failles de la protection humanitaire et du contrôle nucléaire. La stabilité future du Moyen-Orient repose désormais sur la capacité des acteurs régionaux et internationaux à privilégier la désescalade, à rétablir un dialogue crédible et à renforcer les mécanismes de sécurité collective, afin d'empêcher que le conflit ne dégénère en une guerre plus vaste et plus destructrice.
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