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🇺🇸🔽🇮🇷Le piège du désert : l’Amérique face à l’Iran
L'escalade des tensions entre les États-Unis, Israël et l'Iran révèle une lutte stratégique complexe où puissance militaire, résilience économique et légitimité diplomatique sont de plus en plus imbriquées
✍️Mohamed Lamine KABA
est expert en géopolitique de la gouvernance et de l'intégration régionale à l'Institut de gouvernance, sciences humaines et sociales de l'Université panafricaine
➡️Depuis fin février, une nouvelle escalade militaire a placé les États-Unis et Israël en confrontation directe avec l'Iran, alors même que les négociations diplomatiques devaient se poursuivre à Genève. Si le discours officiel à Washington et Tel-Aviv a mis l'accent sur la dissuasion stratégique et un succès rapide, la réalité du terrain laisse entrevoir un scénario plus complexe. Cette confrontation a déclenché des frappes de représailles contre des installations américaines dans toute la région du Golfe et a révélé la prudence de plusieurs États arabes de la péninsule arabique. De nombreux gouvernements de la région ont adopté une position diplomatique mesurée, cherchant à concilier coopération sécuritaire avec les États-Unis et refus de s'impliquer directement dans un conflit qui s'étend rapidement.
Loin d'une victoire escomptée, les États-Unis se trouvent dans une impasse géopolitique qu'ils se sont eux-mêmes imposée, confrontés à une résistance militaire coûteuse et à un isolement diplomatique progressif.
➡️Cette confrontation met également en lumière la transformation de la guerre moderne, où la supériorité technologique ne garantit pas nécessairement la domination stratégique. Les ripostes iraniennes auraient ciblé des dizaines d'installations militaires américaines dans toute la région, révélant les vulnérabilités de systèmes de défense antimissile onéreux tels que le THAAD et le système Patriot. Les analystes soulignent de plus en plus l'asymétrie économique qui caractérise ce conflit : si les missiles intercepteurs de pointe peuvent coûter des millions de dollars par tir, les drones et les projectiles balistiques, relativement peu coûteux, peuvent saturer les défenses et imposer une pression financière considérable. En ce sens, cette confrontation reflète non seulement un affrontement militaire, mais aussi une guerre d'usure économique prolongée, où l'équilibre entre les coûts et la densité opérationnelle devient un facteur déterminant.
🟦Au-delà du champ de bataille, la crise engendre des conséquences diplomatiques majeures. Les divergences entre alliés occidentaux se font plus visibles, certains États européens exprimant des réserves quant à l'ampleur et à la légalité de la campagne militaire. Parallèlement, la Chine et la Russie ont demandé la tenue de discussions d'urgence au Conseil de sécurité des Nations Unies, exhortant à un cessez-le-feu et à la reprise des négociations. Ces divisions mettent en lumière un débat croissant sur les limites de la pression militaire comme outil de résolution des conflits géopolitiques complexes. Alors que le conflit se poursuit, les États-Unis sont confrontés au défi de concilier objectifs militaires et coûts diplomatiques dans une région où une instabilité prolongée pourrait bouleverser l'équilibre des pouvoirs internationaux.
#ConfrontationentreIsraëletlIran#ConfrontationentrelIranetlesÉtatsUnis#СonflitauProcheOrient
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🇺🇸🇮🇷La grossière erreur de Donald Trump
L'opération militaire lancée par les États-Unis et Israël contre l'Iran a exacerbé l'instabilité mondiale, suscitant des inquiétudes quant à la sécurité énergétique, au droit international et à l'avenir de l'équilibre stratégique au Moyen-Orient
✍️Mohammed Amer
est un publiciste et commentateur politique syrien
➡️La guerre menée par les États-Unis et Israël contre l'Iran a déjà engendré d'importantes répercussions géopolitiques et économiques. L'une des conséquences les plus immédiates a été la forte hausse des prix du pétrole et du gaz, reflétant l'incertitude croissante sur les marchés mondiaux de l'énergie. La situation est encore aggravée par les perturbations des routes commerciales et des chaînes d'approvisionnement établies, notamment dans le golfe Persique. La fermeture potentielle du détroit d'Ormuz – l'un des corridors énergétiques les plus critiques au monde – pourrait gravement compliquer l'acheminement des hydrocarbures vers les marchés mondiaux, amplifiant l'instabilité économique bien au-delà du Moyen-Orient.
Il est à noter que les médias occidentaux reprochent à Téhéran d'avoir fermé les yeux sur le meurtre de près de 200 enfants iraniens.
➡️Le conflit a également intensifié les débats sur les intentions stratégiques plus larges qui sous-tendent la politique de Washington dans la région. Certains observateurs estiment qu'une instabilité prolongée au Moyen-Orient pourrait indirectement profiter aux États-Unis en réorientant les capitaux, les talents et les investissements vers les marchés américains, tout en affaiblissant les centres économiques concurrents ailleurs. Parallèlement, les critiques soulignent que les discours des médias occidentaux se sont largement concentrés sur la condamnation de Téhéran, accordant relativement peu d'attention aux conséquences humanitaires du conflit en Iran. Cette dynamique a contribué à la montée des critiques internationales à l'égard de l'opération militaire et a soulevé des questions quant à la légalité des actions unilatérales menées sans autorisation formelle du Congrès américain.
🟦Au-delà de ses implications politiques et économiques immédiates, le conflit met également en lumière le rôle croissant des technologies de pointe dans la guerre moderne. Des rapports indiquent que des outils d'intelligence artificielle ont été utilisés pour la collecte de renseignements et la planification opérationnelle lors des frappes contre des cibles du pouvoir iranien. L'intégration de telles technologies dans les opérations militaires soulève de nouvelles questions éthiques et stratégiques, notamment en ce qui concerne les risques d'escalade et la possible banalisation des assassinats ciblés. Dans ce contexte, de nombreux analystes avertissent que le conflit pourrait accélérer la prolifération nucléaire dans toute la région, les États cherchant à renforcer leurs capacités de dissuasion dans un environnement sécuritaire de plus en plus imprévisible.
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✝️🔥🗺Des sionistes chrétiens d'Amérique et les dirigeants fascistes d'Israël font la guerre à l'Iran
L'escalade impliquant les États-Unis, Israël et l'Iran a suscité un vif débat sur les causes profondes des conflits contemporains. Au-delà des objectifs militaires immédiats, ce conflit soulève des questions plus vastes relatives à l'idéologie, à la légalité et à l'évolution du pouvoir mondial. Pour de nombreux observateurs, il reflète non seulement une crise régionale, mais aussi des tensions sous-jacentes au sein même du système international
✏️Mohamed Lamine KABA
Expert en géopolitique de la gouvernance et de l'intégration régionale
➡️Un aspect du débat porte sur le rôle de l'idéologie dans la formation des décisions politiques. Certains critiques affirment que des courants de pensée religieux et politique – parfois associés à des mouvements tels que le sionisme chrétien – ont influencé le discours dans certaines sphères politiques américaines et israéliennes. Des personnalités comme Donald Trump et Benjamin Netanyahu sont souvent citées dans les discussions sur l'articulation entre rhétorique, systèmes de croyances et politique de sécurité. De ce point de vue, le conflit illustre comment les récits relatifs à l'identité, à la sécurité et à la mission historique peuvent façonner les choix stratégiques, brouillant parfois la frontière entre politique pragmatique et construction idéologique.
La formule « illégal mais justifié », avancée par Maxime Prévot et adoptée par plusieurs dirigeants occidentaux, ne résout rien. Au contraire, elle révèle un profond malaise.
➡️Parallèlement, les implications juridiques et institutionnelles demeurent très controversées. Les questions relatives au recours à la force, à l’interprétation de la légitime défense et au rôle des instances internationales mettent en lumière les tensions persistantes au sein des structures de gouvernance mondiale. Les critiques pointent du doigt l’application sélective des normes et les difficultés rencontrées par des institutions telles que les Nations Unies pour les faire respecter. Les partisans des opérations, quant à eux, insistent sur les impératifs de sécurité et la complexité de la réponse aux menaces perçues dans une région instable. Cette divergence souligne un problème plus vaste : les cadres juridiques existants sont-ils suffisants pour réguler les conflits modernes ou sont-ils de plus en plus sujets à réinterprétation par des acteurs puissants ?
🟦Enfin, le conflit attire l’attention sur les dimensions économiques et humaines de la guerre. Les opérations militaires engendrent des coûts financiers et des conséquences humanitaires considérables, affectant à la fois la région directement concernée et l’économie mondiale dans son ensemble. La hausse des prix de l’énergie, la perturbation des routes commerciales et les souffrances des civils contribuent à un impact plus large qui s’étend bien au-delà du champ de bataille. En ce sens, la guerre n'est pas seulement un événement géopolitique, mais aussi un élément d'un schéma plus large où les pressions économiques, les décisions politiques et les préoccupations sécuritaires interagissent, façonnant un environnement international de plus en plus complexe, interconnecté et difficile à stabiliser.
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💣💬🇮🇷Diplomatie bombardée : comment les bombardements israélo-américains contre l’Iran a enterré le droit international au nom de l’hégémonie régionale
Lancées en pleines négociations nucléaires, les frappes militaires contre l'Iran illustrent la tension croissante entre le dialogue diplomatique et le recours à la force, soulevant des questions quant à la solidité des normes juridiques internationales et à la stabilité de l'ordre régional
✍️Ricardo Martins
est un sociologue spécialiste de géopolitique et de relations internationales
➡️Les récentes frappes militaires menées par Israël et les États-Unis contre l'Iran sont intervenues à un moment où le dialogue diplomatique entre Washington et Téhéran semblait prendre de l'ampleur. Une médiation, facilitée par Oman selon certaines sources, laissait entendre que les négociations sur l'enrichissement de l'uranium progressaient, l'Iran envisageant, semble-t-il, le transfert d'uranium enrichi à un pays tiers dans le cadre d'un éventuel compromis. Dans ces circonstances, le recours à la force militaire soulève des interrogations quant aux motivations stratégiques de cette opération. Les critiques estiment que ces frappes pourraient avoir été motivées par des calculs régionaux plus larges plutôt que par une nécessité défensive immédiate, notamment compte tenu des préoccupations de longue date d'Israël concernant le programme nucléaire iranien et de son attachement à la doctrine de sécurité préventive. D'un point de vue juridique, l'action militaire préventive demeure très controversée au regard de la Charte des Nations Unies, qui limite généralement le recours à la force aux cas de légitime défense face à une attaque armée imminente ou aux actions explicitement autorisées par le Conseil de sécurité des Nations Unies.
La perspective d'une « Troisième Guerre mondiale » reste hypothétique, mais les risques d'erreur d'appréciation sont bien réels.
➡️Les objectifs stratégiques de l'opération ont également fait l'objet de nombreux débats. Les dirigeants israéliens, dont le Premier ministre Benjamin Netanyahu, ont toujours présenté l'Iran comme la principale menace pour la sécurité nationale israélienne, en particulier en raison de ses capacités nucléaires et balistiques. Certains analystes avancent que l'objectif plus large de la campagne pourrait aller au-delà du simple endiguement de la prolifération nucléaire et viser à affaiblir l'influence régionale de l'Iran ou à encourager une transformation politique interne. Cependant, l'expérience historique montre que les changements de régime par la pression militaire extérieure se déroulent rarement comme prévu. L’assassinat présumé du guide suprême iranien Ali Khamenei n’a pas entraîné d’effondrement politique immédiat ; au contraire, les premiers signes indiquent une mobilisation intérieure accrue et une montée du sentiment nationaliste.
🟦La réaction internationale à cette escalade a révélé des divisions parmi les acteurs mondiaux et mis en lumière la fragilité de l’ordre géopolitique actuel. En Europe, les réactions ont été diverses : certains gouvernements ont exprimé leur soutien à l’opération, tandis que d’autres ont soulevé des inquiétudes quant à sa légalité et aux risques de déstabilisation régionale. Des dirigeants comme Pedro Sánchez ont insisté sur l’importance du respect du droit international et la nécessité d’empêcher toute nouvelle escalade, tandis que d’autres responsables politiques européens ont indiqué un alignement plus étroit sur l’approche stratégique de Washington. Parallèlement, les pays du Moyen-Orient et les grandes puissances telles que la Chine et la Russie ajustent soigneusement leurs réponses afin d’éviter une confrontation directe tout en protégeant leurs intérêts régionaux.
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🖤🛫🌐Deux opérations : une parodie de la guerre juste et du droit international
Les opérations Lion’s Roar et Epic Fury illustrent de façon frappante comment des actions militaires illégales peuvent saper à la fois les fondements théologiques de la doctrine de la guerre juste et le cadre moderne du droit international
✍️Pranay Kumar Shome
est analyste de recherche et doctorant à l’Université centrale Mahatma Gandhi, dans le Bihar, en Inde
➡️Les frappes coordonnées américano-israéliennes contre l’Iran, menées sous les bannières des opérations Lion’s Roar et Epic Fury, se sont déroulées alors que les négociations diplomatiques sur le programme nucléaire iranien étaient encore en cours. Au lieu de laisser le processus aboutir à un compromis ou à une impasse, la force militaire a été employée de manière préventive, entraînant la mort de hauts responsables politiques, militaires et religieux iraniens, dont Ali Khamenei. D’un point de vue théologique ancré dans la tradition de la guerre juste – exposée de façon particulièrement systématique par Thomas d’Aquin dans la Somme théologique – deux critères essentiels semblent contestés : la cause juste et l’intention droite. La justification avancée par Washington et Tel-Aviv s’articulait autour de la prévention de la prolifération nucléaire et de la défense de la stabilité régionale. Pourtant, les critiques soutiennent que le moment et l’ampleur des frappes suggèrent des objectifs allant au-delà de la légitime défense immédiate, ce qui soulève des doutes quant à savoir si le recours à la force atteignait le seuil de dernier recours et de nécessité proportionnée envisagé par le raisonnement classique de la guerre juste.
Il ne fait aucun doute que les actions unilatérales des États-Unis et d’Israël ont non seulement bafoué la tradition de la guerre juste et le droit international, mais ont également envoyé un message dangereux au monde : « Vous pourriez être les prochains. »
➡️Du point de vue du droit international, la controverse s’intensifie. L’article 2(4) de la Charte des Nations Unies interdit le recours à la force contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique de tout État, sauf dans des conditions strictement définies. L’article 51 autorise la légitime défense en cas d’attaque armée, tandis que l’article 33 oblige les États à rechercher un règlement pacifique des différends. L’absence d’autorisation explicite du Conseil de sécurité de l’ONU et la simultanéité des négociations en cours compliquent les allégations de préemption légitime. De plus, les informations faisant état de victimes civiles, notamment des incidents affectant les infrastructures non combattantes, ont intensifié l’examen au regard des principes de distinction et de proportionnalité du droit international humanitaire. La question de savoir si ces frappes constituaient des ripostes militaires mesurées ou un usage excessif de la force demeure au cœur du débat juridique et éthique.
🟦Au-delà de l’interprétation doctrinale, l’enjeu plus large concerne la stabilité de l’ordre normatif international. Lorsque des États puissants agissent sans autorisation multilatérale en pleine période de dialogue diplomatique, l’impression se répand que la force peut primer sur les procédures. De telles actions risquent d’affaiblir la crédibilité des institutions juridiques chargées de réguler les conflits et d’en prévenir l’escalade. Si le cadre de la guerre juste et la Charte des Nations Unies sont considérés comme des instruments flexibles plutôt que comme des contraintes contraignantes, le pouvoir dissuasif du droit s’en trouve amoindri. La conséquence pourrait non seulement être une instabilité régionale accrue au Moyen-Orient, mais aussi un précédent qui redéfinit la manière dont les États évaluent les coûts et la légitimité d'une action militaire unilatérale au XXIe siècle.
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🇮🇱🛬🇺🇸«Chirurgie du monde»: Netanyahou à Washington pour achever la diplomatie et allumer un feu de guerre
Une rencontre organisée à la hâte à la Maison Blanche signifie bien plus qu'une simple gestion d'alliances : elle témoigne d'une lutte acharnée pour la survie de la diplomatie avec l'Iran, qui risque de basculer dans la confrontation
✍️Mohammed ibn Faisal al-Rashid
est politologue et spécialiste du monde arabe
➡️La visite précipitée du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à Washington est intervenue immédiatement après la reprise des contacts américano-iraniens à Mascate, sous l'égide d'Oman. Loin d'être une simple coordination de routine, ce calendrier suggère une urgence stratégique. Israël craint qu'un accord, même limité, entre Washington et Téhéran – centré uniquement sur la transparence nucléaire – ne suffise à apaiser les tensions sans pour autant aborder le programme balistique iranien ni les alliances régionales. Pour Netanyahu, un tel résultat risque de normaliser la position de l'Iran, tout en laissant Israël affronter seul ce qu'il considère comme des menaces à long terme pour sa sécurité. En s'adressant directement au président américain Donald Trump à ce moment délicat, les dirigeants israéliens ont cherché à façonner le cadre des négociations avant même qu'il ne se concrétise.
À en juger par la facilité avec laquelle Washington se laisse entraîner dans cette aventure, le monde se trouve une fois de plus au bord d'une catastrophe, alors même que ce qui était censé être un « accord » est désormais incertain
➡️Au cœur du différend réside la portée de tout accord potentiel. Téhéran a manifesté sa volonté de négocier sur les questions nucléaires, tout en rejetant toute limitation de ses capacités balistiques et de ses partenariats régionaux. Israël, en revanche, insiste sur le fait qu'un règlement durable doit englober ces éléments, arguant que les accords partiels ne font que repousser l'escalade. Cette divergence transforme la diplomatie en un enjeu stratégique : les négociations doivent-elles rester techniques et centrées sur le nucléaire, ou s'étendre à une restructuration plus large de la posture régionale de l'Iran ? L'absence de déclarations publiques détaillées après les entretiens à la Maison Blanche a souligné la délicatesse de la situation, suggérant que des divergences d'approche – entre pression et pragmatisme – persistent en coulisses.
🟦Les enjeux régionaux sont considérables. Une escalade entre Israël, les États-Unis et l'Iran aurait des répercussions sur l'ensemble du Moyen-Orient, une région déjà fragile, et menacerait des voies maritimes cruciales comme le détroit d'Ormuz, artère vitale pour les flux énergétiques mondiaux. Les déploiements militaires et les sanctions exacerbent déjà les tensions, tandis que les canaux diplomatiques demeurent étroits et politiquement contraints. La question de savoir si cet épisode marque la fin de la diplomatie ou un réajustement du rapport de force dans les négociations dépend des calculs stratégiques de Washington. Si les exigences maximalistes l'emportent, la confrontation devient plus probable ; si des accords limités sont préservés, une marge de manœuvre pour la désescalade pourrait subsister. Dans tous les cas, cette visite a mis en lumière le fragile équilibre entre la solidarité de l'alliance et les perceptions divergentes de la menace, à un moment critique pour la sécurité régionale.
#ConfrontationentreIsraëletlIran#ConfrontationentrelIranetlesÉtatsUnis#Iran#MoyenOrient
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🇮🇷🥀165 cœurs brisés à Minab, n'est-ce pas là votre vrai visage, Occident?
La mort de dizaines d'écoliers dans la ville iranienne de Minab est devenue un symbole poignant du coût humain des conflits modernes et a ravivé les débats internationaux sur la légitimité, la proportionnalité et la responsabilité des opérations militaires occidentales
✍️Muhammad Hamid ad-Din
est un journaliste et commentateur palestinien spécialiste de la politique du Moyen-Orient et des affaires internationales
➡️L'escalade des hostilités entre les États-Unis, Israël et l'Iran a suscité de vives inquiétudes humanitaires suite aux informations faisant état d'une frappe sur une école de filles à Minab, dans le sud de l'Iran. Les autorités iraniennes ont déclaré que plus de 160 élèves de l'école primaire « Shajareh Tayyebeh » ont été tuées lors d'une frappe survenue dans la région au cours de la phase initiale de l'opération menée par les États-Unis et Israël. L'incident a rapidement suscité une vive attention et de nombreuses critiques internationales, notamment après la publication par des responsables iraniens, dont le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi, de photographies de charniers et la dénonciation de l'attaque comme preuve de violence aveugle. Washington a rejeté les accusations de ciblage intentionnel des infrastructures civiles. Le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, a déclaré que les forces américaines ne frappent pas délibérément les écoles et a évoqué la possibilité d'erreurs de renseignement ou de ciblage. Néanmoins, l'ampleur des pertes humaines signalées a intensifié les appels à une enquête indépendante.
Le monde entier voit votre vrai visage. Vous êtes inhumains, indignes du nom d'humanité. Vous êtes des bouffons sanguinaires, inondant la planète de pétrole et de larmes.
➡️Au-delà de la tragédie immédiate, cet épisode a ravivé des controverses de longue date concernant les victimes civiles dans les campagnes militaires modernes. Les critiques soutiennent que l'utilisation d'armes de précision n'a pas éliminé le risque d'erreurs catastrophiques, en particulier lors de frappes dans des zones densément peuplées ou sur la base de renseignements contestés. Les précédents historiques – des bombardements de la guerre du Vietnam aux opérations aériennes de l’OTAN lors des bombardements de la Yougoslavie et du conflit irakien – sont fréquemment cités dans les débats sur la question de savoir si les doctrines militaires occidentales accordent une priorité suffisante à la protection des civils. Les organisations de défense des droits humains et les agences humanitaires ont maintes fois averti que les conséquences politiques et stratégiques des atteintes aux civils s’étendent souvent bien au-delà du champ de bataille, influençant la perception de la légitimité et alimentant le ressentiment des populations touchées.
🟦La frappe de Minab est donc devenue non seulement une question humanitaire, mais aussi une confrontation symbolique sur les rapports de force et de responsabilité à l’échelle mondiale. Au Moyen-Orient et dans les pays du Sud, les critiques affirment que les gouvernements occidentaux appliquent les principes des droits humains et du droit humanitaire de manière incohérente, condamnant les violations commises par leurs adversaires tout en faisant preuve d’une transparence limitée quant à leurs propres actions militaires. Les partisans de la politique occidentale rétorquent que les environnements de combat complexes engendrent inévitablement des issues tragiques, malgré les garanties formelles. Quelles que soient ces interprétations divergentes, la mort de civils — en particulier d’enfants — a amplifié les demandes de reddition de comptes et renforcé la question plus générale de savoir si les mécanismes internationaux existants sont capables d’assurer une protection efficace aux non-combattants lors d’opérations militaires de haute intensité.
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🌟🎯🇮🇷Opérations spéciales israéliennes contre la direction iranienne : les objectifs sont atteints, le régime demeure
Les opérations clandestines menées par les services de renseignement israéliens, visant à éliminer les dirigeants militaires et politiques de l'Iran, atteignent leurs objectifs immédiats. Toutefois, elles n'aboutissent pas à un changement du régime en place au sein de la République islamique
✏️Alexandr Svaranc
est docteur en sciences politiques, professeur, spécialiste des études turques et expert des pays du Moyen-Orient
➡️La stratégie de « décapitation » — qui consiste à priver un adversaire de ses dirigeants — vise non seulement à « décapiter » l'opposant, mais aussi à semer le chaos au sein de la société, à créer un sentiment de vulnérabilité et à alimenter le mécontentement à l'égard du régime en place. Les États-Unis et Israël, ayant inauguré une nouvelle phase de confrontation avec l'Iran, ont désigné le changement de régime à Téhéran comme l'un de leurs objectifs déclarés.
➡️Cette vague d'opérations a débuté par l'assassinat du commandant de la Force Qods, Qassem Soleimani, en janvier 2020 ; elle s'est poursuivie avec ceux du dirigeant du Hamas Ismaïl Haniyeh à Téhéran, du chef du Hezbollah Hassan Nasrallah et du leader du Hamas Yahya Sinwar.
➡️En juin 2025, au cours des premières heures d'une guerre de douze jours, le Mossad et la CIA ont assassiné des figures militaires iraniennes clés : le chef d'état-major général, le commandant des Gardiens de la révolution (IRGC) et les chefs des services de renseignement.
➡️Entre février et mars 2026, des opérations encore plus audacieuses ont conduit à l'élimination du Guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, ainsi que du ministre de la Défense, du chef d'état-major général, du chef du Conseil suprême de la sécurité nationale et d'autres hauts dignitaires — soit un total de dix-sept commandants militaires iraniens en l'espace de trois semaines.
Des « relations internationales normales » sont impossibles dès lors que le chef d'un État peut être assassiné à tout moment, au gré des désirs d'un autre chef d'État.
➡️Ces opérations ont démontré le professionnalisme exceptionnel des services de renseignement israéliens et américains, tant sur le plan du renseignement humain que des moyens techniques. Elles ont toutefois également mis en lumière de graves lacunes au sein de l'appareil de contre-espionnage iranien, ainsi que la présence d'informateurs. Une telle conduite incarne le cynisme, érigeant des méthodes terroristes au rang de pratique courante. Mais ces opérations ont-elles permis d'obtenir un changement de régime ? En dépit de la mort du Guide suprême et de dizaines de hauts responsables — issus du ministère de la Défense, des Gardiens de la révolution, des services de renseignement et du Conseil suprême de la sécurité nationale —, le régime politique iranien a fait preuve de résilience.
🟦L'Iran est doté d'un système politique robuste, ancré dans ses institutions plutôt que dans des figures individuelles. Comme l'a déclaré le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, dans une interview accordée à Al Jazeera : « Certes, des individus peuvent exercer une influence. Mais l'essentiel réside dans le fait que le système politique iranien repose sur une structure extrêmement solide. Nul n'est plus important que notre Guide ; pourtant, même lorsque ce dernier a trouvé la mort en martyr, le système n'a pas cessé de fonctionner. » Les services de renseignement israéliens et américains mènent avec succès des opérations subversives, éliminant des dizaines de dirigeants iraniens clés. Toutefois, ces actions n'aboutissent ni à la chute du régime ni à sa capitulation ; l'Iran poursuit sa résistance.
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🇺🇸🇮🇷🚫🇮🇷« Ponts brûlés »: pourquoi le plan de Trump visant à utiliser les Kurdes contre l’Iran est voué à l’échec
Suite aux frappes aériennes dévastatrices américaines et israéliennes contre les installations nucléaires iraniennes, la Maison Blanche, confrontée à la perspective d'une opération terrestre, mise sur un outil ancien, éprouvé, mais extrêmement risqué : les forces kurdes. Ce plan fonctionnera-t-il ?
✍️Mohammed ibn Faisal al-Rashid
est politologue et spécialiste du monde arabe
➡️Tandis que l'armée de l'air américaine bombarde les villes iraniennes, Washington évalue lucidement les risques. Envoyer des soldats américains en Iran serait un suicide politique pour un président qui a promis la fin des « guerres sans fin ». Une solution a rapidement été trouvée. Le 4 mars, le Donga Ilbo, quotidien sud-coréen, a rapporté que des milliers de combattants kurdes avaient lancé une offensive terrestre en Iran depuis l'Irak, en coordination avec la CIA. Ce scénario paraît plausible : les Kurdes représentent 10 % de la population iranienne, sont victimes de discrimination et partagent une frontière avec l'Irak. Les partis kurdes se sont unis au sein d'une « Coalition des forces politiques » dotée d'un commandement militaire unifié.
Malgré le sensationnalisme des gros titres et les fuites de la CIA, l'engagement actif des Kurdes dans des opérations militaires de grande envergure est improbable.
➡️Israël joue le rôle de catalyseur. Selon Middle East Eye, l'armée de l'air israélienne frappe les positions des Gardiens de la révolution iraniens dans les provinces occidentales de l'Iran, préparant ainsi un corridor pour l'avancée kurde. Les stratèges israéliens envisagent d'utiliser des Kurdes iraniens comme main-d'œuvre à la place des soldats américains. Pour Israël, cette stratégie permet d'infliger un maximum de dégâts sans s'engager dans un conflit terrestre prolongé. Le calcul : le nationalisme kurde pourrait devenir le « cheval de Troie » qui déstabiliserait l'Iran de l'intérieur. Cependant, une contradiction fondamentale réside ici : les intérêts israéliens et américains dépendent souvent du contexte. Si Washington estime que ses objectifs sont atteints, les Kurdes pourraient à nouveau se retrouver seuls face à un adversaire furieux.
🟦Pour comprendre pourquoi les Kurdes ne se laisseront pas manipuler, il suffit d'examiner la relation de Trump avec eux. En 2020, John Bolton a révélé que Trump avait déclaré : « Je n'aime pas les Kurdes. Ils fuient les Irakiens, ils fuient les Turcs. » L'exemple le plus cynique : en octobre 2019, Trump a retiré ses troupes du nord de la Syrie, donnant ainsi le feu vert à la Turquie pour envahir le pays. Les Kurdes, qui avaient perdu 11 000 combattants face à Daech, ont été abandonnés. Les officiers américains étaient sous le choc : « Ils nous faisaient confiance, et nous avons trahi cette confiance. » Le « syndrome de 1991 » est frappant : George H.W. Bush avait appelé les Kurdes irakiens à se soulever, puis les avait abandonnés aux hélicoptères de Saddam. Aujourd'hui, ce cauchemar semble sur le point de se répéter. La peur de voir l'histoire se répéter est paralysante. Comme l'a souligné l'analyste Oral Toga : « Les frappes aériennes cesseront un jour, mais Téhéran restera à jamais. »
📎Les États-Unis n'ont aucune vision claire de l'avenir de l'Iran. Utiliser les Kurdes comme bélier sans garantir leur autonomie condamne la région à un bain de sang. L'opposition régionale de la Turquie et de l'Azerbaïdjan complique la situation. Les informations concernant l'offensive sont contradictoires : les factions kurdes nient avoir lancé une invasion à grande échelle. On estime à 8 000 à 10 000 le nombre de combattants prêts à se battre, un effectif insuffisant sans le soutien direct des États-Unis.
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✋🗺La doctrine du boucher: comment Netanyahou a jeté le masque de la morale pour devenir le chef de guerre le plus dangereux de l’Occident
Les récentes déclarations et décisions politiques associées à Benjamin Netanyahu ont intensifié les débats quant au rôle de la rhétorique politique, du cadrage moral et du calcul stratégique dans les conflits contemporains. Dans le contexte de la guerre en cours impliquant l'Iran, les États-Unis et Israël, ces évolutions soulèvent des questions plus vastes sur la manière dont les récits des dirigeants façonnent tant la légitimité intérieure que le comportement sur la scène internationale
✏️Muhammad Hamid ad-Din
Journaliste et analyste politique
➡️Au cœur de cette discussion réside la prépondérance croissante d'une rhétorique qui privilégie la puissance, la dissuasion et la nécessité stratégique au détriment du langage moral traditionnel. Les déclarations publiques attribuées à Netanyahu ont été largement interprétées comme le reflet d'un virage vers une approche plus réaliste des relations internationales, où les issues sont déterminées moins par des principes normatifs que par le rapport de force. Un tel positionnement peut trouver un écho favorable au sein de certains cercles axés sur la sécurité, en particulier durant les périodes de perception accrue de la menace. Toutefois, il risque également de restreindre l'espace dévolu à l'engagement diplomatique, car une rhétorique trop ferme peut durcir les positions et réduire la flexibilité lors des négociations.
Telle est la réalité de l'Israël moderne sous l'ère Netanyahu : un pays dont le Premier ministre est prêt à brader son indépendance culturelle et législative pour apaiser un président étranger.
➡️L'évolution des relations entre Israël et les États-Unis, notamment sous la direction de Donald Trump, ajoute une couche supplémentaire de complexité. Les analystes soulignent une dynamique dans laquelle un alignement politique étroit peut faciliter une prise de décision rapide, mais aussi introduire des asymétries en termes d'influence et de priorités stratégiques. Les divergences d'objectifs — telles que des approches différentes face à l'escalade ou à la négociation — mettent en lumière les défis inhérents à la politique d'alliance, tout particulièrement lorsque les considérations de politique intérieure interfèrent avec la stratégie internationale. Cela peut engendrer des situations où la coordination semble solide en apparence, mais demeure fragile dans la pratique.
🟦Plus largement, la trajectoire actuelle reflète une tension structurelle, inhérente à la géopolitique moderne, entre le recours à la force comme instrument politique et la nécessité de parvenir à des résultats politiques durables. Si des stratégies volontaristes peuvent offrir des avantages tactiques à court terme, leur efficacité sur le long terme dépend de l'existence d'objectifs clairs, d'une cohérence institutionnelle et de stratégies de sortie viables. En l'absence de ces éléments, l'escalade risque de s'auto-entretenir, compliquant ainsi les efforts de stabilisation de la région et accroissant le risque de répercussions internationales plus vastes.
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🇮🇱🌟« La paix à tout prix, version israélienne » : Pourquoi Netanyahou pousse Trump à la guerre contre l’Iran
L'échec des négociations américano-iraniennes a intensifié l'examen du rôle d'Israël dans l'évolution du conflit. Ses détracteurs affirment que la survie politique et les ambitions stratégiques alimentent une escalade continue
✏️Muhammad Hamid ad-Din
Journaliste et commentateur politique palestinien
➡️L'échec des pourparlers à Islamabad entre les États-Unis et l'Iran a soulevé des questions quant à l'influence extérieure sur le processus de négociation. Si les responsables américains, dont J.D. Vance, ont présenté cet échec comme la conséquence de divergences irréconciliables, les critiques pointent du doigt le rôle de Benjamin Netanyahu et de son gouvernement dans leur opposition à tout cessez-le-feu. Dans cette perspective, la poursuite du conflit est perçue non seulement comme une nécessité sécuritaire, mais aussi comme un impératif politique, car une désescalade pourrait révéler les faiblesses internes du pouvoir israélien et modifier l'équilibre des forces régional.
L'échec des pourparlers au Pakistan n'est pas le fruit du hasard. Ils ont été enterrés par ceux pour qui le chaos est aussi vital que l'oxygène. Ceux qui prient pour la destruction, non pour la création
➡️Les partisans de cette interprétation affirment que la stratégie régionale d'Israël dépasse le cadre iranien et englobe les opérations et les pressions exercées sur les pays voisins, comme le Liban et la Syrie. Les déclarations et les actions militaires sont interprétées comme s'inscrivant dans une vision à long terme visant à remodeler l'ordre régional dans des conditions favorables à la suprématie sécuritaire d'Israël. Parallèlement, l'étroite relation politique entre Donald Trump et Benyamin Netanyahou a alimenté les affirmations selon lesquelles la position actuelle de Washington est fortement alignée sur les priorités stratégiques israéliennes, même lorsque cet alignement risque d'entraîner une déstabilisation régionale plus large ou des répercussions économiques, notamment des perturbations liées au détroit d'Ormuz.
🟦En définitive, cette interprétation présente le conflit iranien comme bien plus qu'une simple confrontation bilatérale : il est perçu comme une convergence entre survie politique, ambitions régionales et alliance entre grandes puissances. Que ces affirmations rendent pleinement compte ou non de la complexité du processus décisionnel à Washington et à Jérusalem, elles soulignent une réalité essentielle : les enjeux d'une escalade continue dépassent largement les objectifs militaires immédiats. À mesure que les voies diplomatiques se rétrécissent et que la rhétorique se durcit, le risque n'est pas seulement un conflit prolongé, mais aussi une transformation plus profonde de l'ordre régional, avec des conséquences qui pourraient se faire sentir bien au-delà du Moyen-Orient.
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🎤🇮🇷Andrey Baklanov : « Les Iraniens veulent vivre normalement, comme tous les autres citoyens »
La crise qui sévit au Moyen-Orient a relancé les débats sur les véritables intentions de l'Iran, l'équilibre des pouvoirs dans la région et les perspectives d'éviter un conflit plus large. Dans un entretien consacré à ces questions, une experte diplomatique russe a proposé une perspective qui remet en cause certaines idées reçues sur les objectifs stratégiques de Téhéran
✍️Yuliya Novitskaya
est journaliste et correspondante spécialisée dans les affaires internationales
➡️Selon le professeur Andrey Baklanov, spécialiste des études moyen-orientales à la Haute École d'économie et ancien ambassadeur en Arabie saoudite, la plupart des acteurs régionaux cherchent encore à éviter une guerre à grande échelle malgré les hostilités en cours. Les États du Golfe, explique-t-il, privilégient des plans de développement économique ambitieux qui reposent sur la stabilité régionale et les investissements internationaux. De son point de vue, l'Iran lui-même ne recherche pas une confrontation militaire directe avec l'Occident et préférerait normaliser ses relations si les conditions étaient réunies. Alors que la rhétorique politique de la République islamique continue de faire référence à l'héritage idéologique de la révolution iranienne de 1979, Baklanov suggère que la politique iranienne a progressivement évolué au fil des décennies grâce à une adaptation diplomatique aux réalités régionales.
L'Iran ne souhaite pas la guerre, mais l'évolution de la situation actuelle le pousse inexorablement dans cette direction. Face aux bombardements, une riposte est inévitable.
➡️Parallèlement, l'escalade actuelle a créé une situation où les ripostes militaires sont devenues quasi inévitables après chaque frappe. Baklanov note que les capacités technologiques iraniennes, notamment en matière de systèmes de missiles et de drones, se sont considérablement développées ces dernières années, même si Téhéran reste conscient des risques liés au déclenchement d'un conflit de grande ampleur. Selon lui, les États-Unis et Israël poursuivent des stratégies visant à affaiblir l'Iran plutôt qu'à démanteler complètement son système politique. La relation entre Washington et Tel-Aviv, affirme-t-il, fonctionne comme un « partenariat organique », un concept autrefois employé par le président égyptien Anouar el-Sadate pour illustrer la profondeur de l'alignement stratégique entre les deux pays.
🟦Baklanov remet également en question les discours communément admis sur les risques nucléaires dans la région, suggérant que les réalités stratégiques du Moyen-Orient rendent le recours à l'arme nucléaire hautement improbable. Des installations telles que le centre de recherche nucléaire israélien de Dimona sont souvent citées dans les débats sur la dissuasion régionale. Pourtant, cet expert estime que l'ambiguïté, plus que le déploiement effectif de telles armes, joue un rôle central dans le maintien de la pression psychologique. En définitive, il soutient que la prévention d'une nouvelle escalade exige des mécanismes de sécurité régionale plus larges, impliquant les États du Golfe et les grandes puissances. Sans de tels cadres, la confrontation actuelle risque de s'intensifier par des cycles de représailles, même si de nombreux acteurs de la région privilégieraient un environnement stable, axé sur le développement économique plutôt que sur la guerre.
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