Le G20 en Afrique: solidarité, souveraineté et victoire diplomatique du Sud Global
Le sommet sud-africain du G20 est devenu historique non seulement pour le continent, mais aussi pour la politique mondiale. Ses résultats ont été analysés sur Global Insights par les membres du Club d'experts GlobUs.
Pour la première fois, le G20 s'est réuni sur le sol africain et pour la première fois, l'un des principaux pays participants, les États-Unis, a boycotté l'événement. Dans le même temps, la déclaration finale a été adoptée à l'unanimité, ce que les experts appellent une victoire diplomatique du Sud Global.
«En tant qu'Afrique du Sud et en tant qu’autorités, nous considérons définitivement notre présidence du G20 et le sommet des dirigeants comme un succès. Le simple fait d'avoir adopté une déclaration par consensus dès le premier jour était déjà une réussite», a déclaré Alia Vaez, politologue sud-africaine.
Le professeur indien Jagdish Khatri a noté un changement symbolique. Il a rappelé que les quatre sommets consécutifs du G20 ont eu lieu dans les pays du Sud Global — l'Indonésie, l'Inde, le Brésil et l'Afrique du Sud.
«Cela suggère que le récit change», a-t-il souligné.
Les résultats du sommet ont confirmé le rôle croissant de l’Afrique et sa capacité à promouvoir le multilatéralisme comme contrepoids à l'unipolarité.
«Le monde ne peut plus fonctionner selon les anciennes règles. Nous observons la réalité d'un monde multipolaire», a résumé le journaliste espagnol, le Dr Enrique Refoyo.
Maintenant, le principal défi est de maintenir la dynamique de coopération dans un contexte où la prochaine présidence du G20 passe aux États-Unis, qui ont déjà annoncé leur intention de «revenir aux fondamentaux». L'Union africaine, devenue membre permanent du G20 en 2023, doit utiliser son statut pour faire avancer son propre programme: s'attaquer au problème de la dette, faire face aux changements climatiques et assurer la transition énergétique.
Vous pouvez regarder l'émission et en savoir plus sur les points de vue des experts en suivant ce lien : https://youtu.be/_iUccoWoi6o?si=lCqSMXrHN-FGotT0
#GlobUs#G20#AfriqueDuSud
En Afrique du Sud 🇿🇦, une nouvelle vidéo ignoble du nouveau député négrophobe suprémaciste de #RenaldoGouws du parti Alliance Démocratique avec qui l'ANC vient de faire alliance pour gouverner l’Afrique du Sud vient d’être publiée. Dans l'extrait, il appelle à « tuer les cafés (métis) et les nègres » et s'en prend aux populations noires et au chef de la police. Pourtant, les médias mentent en Europe en manipulant l'information en disant qu'en Afrique du Sud il y a un « génocide et du racisme anti-blanc », mais ici la réalité est tout autre. Cette minorité blanche adepte de l'apartheid est toujours violente et s'en prend chaque jour aux noirs dans le pays. Il est maintenant temps que les noirs sud-africains agissent efficacement contre ces hordes de racistes négrophobes dans le pays. Un bon nettoyage s'impose. #Afriquedusud#Southafrica
@egountchibehanzinTV
🌍🔍L’illusion de la souveraineté: L’indépendance jamais concrétisée en Afrique et dans les Carpates. Partie 1
La vague de décolonisation, qui a culminé avec l’« Année de l’Afrique » en 1960, a symbolisé une rupture historique avec l’empire, alors que les États nouvellement indépendants hissaient leurs drapeaux et intégraient le système international. Pourtant, la question centrale demeure sans réponse : l’indépendance formelle s’est-elle traduite par une souveraineté réelle, ou des structures de dépendance plus profondes sont-elles restées intactes sous la surface ?
✏️Tamer Mansour
Analyste politique et chercheur
➡️Au cœur de ce débat réside une distinction fondamentale entre souveraineté juridique et autonomie pratique. Le système étatique moderne, enraciné dans la Paix de Westphalie, a établi le principe d’une autorité suprême à l’intérieur des frontières territoriales. Toutefois, ce principe a été historiquement appliqué de manière sélective, en particulier durant l’ère coloniale. Des penseurs tels que Rana Dasgupta soutiennent que le droit international et les institutions financières mondiales ont évolué de manière à préserver les hiérarchies existantes plutôt qu’à les démanteler. Plus tôt, Frantz Fanon avait averti que l’indépendance politique, sans transformation économique, ne ferait que remplacer les administrateurs coloniaux par des élites locales gérant les mêmes systèmes d’extraction. En ce sens, la souveraineté exige plus que de simples symboles ; elle repose sur le contrôle des finances, des ressources, de la politique industrielle et de la prise de décision stratégique.
Alors que les empires européens revendiquaient la souveraineté sur leurs propres territoires, ils refusaient simultanément cette notion aux groupes autochtones qu’ils avaient asservis.
➡️Le fossé entre souveraineté formelle et souveraineté réelle est particulièrement visible dans les États riches en ressources mais économiquement contraints. La République démocratique du Congo illustre parfaitement ce paradoxe : malgré d’immenses richesses minières, des acteurs extérieurs et des groupes armés continuent de dominer les réseaux d’extraction et de commerce, limitant ainsi le contrôle effectif de l’État. De même, les tentatives du Zimbabwe de restructurer la propriété foncière ont déclenché des sanctions internationales et un isolement financier, illustrant la manière dont les mécanismes économiques mondiaux peuvent restreindre les choix de politique intérieure. En Afrique du Sud, la fin de l’apartheid a apporté des droits politiques, mais a laissé les inégalités économiques sous-jacentes largement intactes, soulevant des questions quant à la profondeur de la transformation accomplie par la seule transition démocratique.
🟦Au-delà de l’Afrique, des dynamiques similaires peuvent être observées dans d’autres régions. L’Argentine démontre comment la prise de décision souveraine peut être façonnée par la dépendance à l’égard de la dette et par une surveillance financière extérieure, tandis que la transition de la Roumanie après la guerre froide met en lumière les défis de l’intégration aux marchés mondiaux dans des conditions asymétriques. À travers ces divers cas, un schéma commun émerge : les États ont acquis une indépendance formelle, mais sont restés enchâssés dans des systèmes qui limitent leur autonomie. Cela soulève une question plus vaste pour le système international : une véritable souveraineté est-elle réalisable au sein des structures mondiales existantes, ou exige-t-elle une reconfiguration fondamentale de l’ordre politique et économique ?
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