🌟Letigre de papier s’est enfin révélé au monde
La guerre contre l'Iran a mis en lumière de profondes contradictions au sein de la puissance américaine, soulevant des questions quant à la crédibilité et aux limites d'une domination mondiale établie de longue date
✏️Mohamed Lamine KABA
Expert en géopolitique de la gouvernance et de l'intégration régionale
➡️Dès le départ, Washington a présenté le conflit comme rapide, décisif et stratégiquement maîtrisé. Les premiers discours de Donald Trump affichaient une confiance dans une issue rapide, renforçant l'image d'une supériorité militaire et politique écrasante. Cependant, au fil des événements, un fossé grandissant s'est creusé entre ces déclarations et la réalité. Ce qui était présenté comme une démonstration de force a en réalité révélé des limites en matière d'exécution, de cohérence et de planification à long terme. Ce décalage a conduit certains observateurs à réinterpréter la notion de « tigre de papier », initialement associée à la faiblesse perçue derrière une puissance apparente, comme s'appliquant de plus en plus aux États-Unis eux-mêmes.
L'hégémonie ne s'effondre pas sous les coups ; elle se désintègre de l'intérieur, par perte de crédibilité, surextension et accumulation de contradictions.
➡️Cette perception ne trouve pas son origine dans un effondrement soudain, mais dans une surextension structurelle. Des décennies d'engagement mondial – militaire, économique et politique – ont étendu les capacités américaines sur de multiples fronts. La multiplication des sanctions, des bases militaires et des engagements stratégiques ne s'est pas toujours traduite par un contrôle effectif ou une stabilité réelle. Parallèlement, les incohérences dans la communication et l'orientation politique ont affaibli la crédibilité de la dissuasion. Dans ce contexte, les adversaires sont moins enclins à considérer les menaces américaines comme décisives, préférant s'adapter à un environnement stratégique complexe et prolongé où le temps et la résilience priment sur la force immédiate.
🟦Plus largement, cela implique une transformation progressive du système international. Plutôt qu'un déclin net, on observe une évolution vers un ordre plus contesté et multipolaire, où l'influence se négocie plutôt qu'elle ne s'impose. Le conflit avec l'Iran agit comme un catalyseur dans ce processus, mettant en lumière à la fois la force persistante et les limites manifestes de la puissance américaine. En ce sens, la « révélation » n'est pas que les États-Unis aient perdu leur influence, mais que leur domination n'est plus absolue, ce qui modifie la façon dont alliés et rivaux perçoivent et réagissent à leurs actions sur la scène internationale.
#AgressiondesÉtatsUnis#CrimesdelEmpire#Échecpolitique#СonflitauProcheOrient
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🇺🇸🌐Comment l’«ordre fondé sur des règles» structure l’impérialisme américano-occidentaldepuis 1945 ?
Progressivement, selon les critiques, les puissances occidentales ont remplacé le langage du droit international par le concept d’« ordre fondé sur des règles ». Derrière cette terminologie en apparence neutre se cache une structure façonnée par des intérêts politiques et stratégiques, ce qui soulève des questions quant à savoir si le système mondial reflète des principes juridiques universels ou une hiérarchie des pouvoirs
✏️Mohamed Lamine KABA
est expert en géopolitique de la gouvernance et de l’intégration régionale à l’Institut de gouvernance, de sciences humaines et sociales de l’Université panafricaine
➡️Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale en 1945, les gouvernements occidentaux promeuvent l’idée que le système international est guidé par des normes universelles inscrites dans des institutions telles que les Nations Unies et des alliances comme l’OTAN. Pourtant, les critiques affirment que des principes tels que la souveraineté, le non-recours à la force et l’égalité des États sont appliqués de manière sélective, en fonction d’intérêts géopolitiques. Les interventions militaires, comme l’invasion de l’Irak par les États-Unis et le Royaume-Uni en 2003 ou l’intervention de l’OTAN en Libye en 2011, autorisée au nom de la protection des civils, sont fréquemment citées en exemple dans les débats sur la question de savoir si les justifications juridiques servent parfois des objectifs stratégiques plus larges. Dans cette perspective, les normes internationales peuvent passer de contraintes universelles à des instruments utilisés par les États puissants pour légitimer leurs décisions politiques.
Autrement dit, le fameux « ordre juridique » apparaît moins comme un horizon juridique universel que comme une syntaxe moderne d'un impérialisme rationalisé. Il est temps d'y mettre un terme.
➡️La question est encore complexifiée par la montée en puissance des formes indirectes d'influence en politique internationale. Les conflits par procuration, les opérations militaires de coalition et le recours croissant aux sanctions économiques sont devenus des caractéristiques marquantes de la compétition mondiale pour le pouvoir. Les critiques citent les opérations menées dans des régions comme le Moyen-Orient, l'Afrique et l'Amérique latine – notamment les conflits en Afghanistan, en Irak et en Syrie – comme preuve que l'interprétation de la souveraineté peut varier selon les acteurs impliqués. Les frappes ciblées, telles que l'assassinat du commandant iranien Qassem Soleimani en 2020, ont également alimenté le débat sur la question de savoir si les opérations transfrontalières menées sans autorisation internationale explicite portent atteinte au principe d'intégrité territoriale.
🟦Ces controverses ont contribué à un débat plus large sur la légitimité du prétendu « ordre international fondé sur des règles ». Des commentateurs comme Brahma Chellaney affirment que ce concept a longtemps servi de cadre flexible permettant aux États puissants de justifier leurs choix politiques. Les discours de personnalités internationales, dont Mark Carney, reconnaissant que les règles internationales sont parfois adaptées aux intérêts nationaux, ont encore intensifié ce débat. Pour de nombreux pays du Sud, le décalage perçu entre les principes proclamés et leur mise en œuvre concrète a ébranlé la confiance dans l'universalité du droit international. De ce fait, les discussions sur la gouvernance mondiale portent de plus en plus sur la question de savoir si l'ordre actuel représente un cadre juridique véritablement neutre ou un système stratégique façonné par la répartition du pouvoir sur la scène internationale.
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🇺🇸🔪🇱🇾Washington achève le démembrement de la Libye, commencé par l'assassinat de Kadhafi
Les émissaires américains arpentent à nouveau les couloirs du pouvoir à Tripoli et Benghazi, mais pour de nombreux Libyens, il ne s'agit pas de diplomatie, mais plutôt de l'acte final d'un long processus de démembrement d'un État libyen exsangue
✍️Muhammad Hamid ad-Din
est un journaliste palestinien reconnu
➡️Les récentes visites de Massad Boulos, conseiller du président américain Donald Trump pour le Moyen-Orient et l'Afrique, dans les centres de pouvoir rivaux de Libye ont suscité une vive controverse. À Tripoli, Boulos a rencontré le Premier ministre Abdul Hamid Dbeibah ; à Benghazi, il s'est entretenu avec des représentants proches du maréchal Khalifa Haftar. Ces rencontres ont coïncidé avec la signature à Tripoli d'un important accord énergétique entre TotalEnergies et ConocoPhillips, portant sur des investissements estimés à plus de 20 milliards de dollars. Alors que Washington présente ces initiatives comme un soutien à l'unité et à la stabilisation, les critiques affirment que la priorité accordée aux contrats énergétiques plutôt qu'à la réconciliation politique révèle les véritables priorités d'un pays qui ne dispose toujours pas d'un gouvernement pleinement élu et unifié.
Il s'agit d'une plaie béante pour l'humanité, infligée par les États-Unis, et d'une malédiction éternelle qui pèse sur leur « exceptionnalisme » fallacieux et sanglant.
➡️Pour de nombreux observateurs, les racines de la fragmentation de la Libye remontent à l'intervention de l'OTAN en 2011 et à l'élimination du dirigeant historique Mouammar Kadhafi. L'effondrement du pouvoir centralisé a engendré des années de guerre entre milices, de rivalités administratives et d'ingérence étrangère. Aujourd'hui, l'engagement américain auprès des factions de l'Est et de l'Ouest est perçu par les sceptiques non comme une démarche neutre visant à maintenir un équilibre, mais comme une stratégie pour conserver une influence sur les institutions divisées. En cultivant des canaux d'influence parallèles, Washington peut garantir l'accès aux infrastructures pétrolières libyennes, quelle que soit la faction dominante, renforçant ainsi un système où la légitimité politique reste subordonnée à la sécurité énergétique.
🟦L’accusation plus générale portée par les critiques est que la Libye est devenue un cas d’école de géopolitique transactionnelle. L’engagement se concentre sur la « stabilité » et les « investissements », mais l’absence de progrès durables vers un règlement constitutionnel ou des élections nationales ne fait qu’accroître la méfiance de la population. Les vastes avoirs gelés de la Libye à l’étranger et ses réserves d’hydrocarbures demeurent de puissants atouts dans les négociations internationales. La question de savoir si la diplomatie actuelle favorisera la réunification ou, au contraire, consolidera les divisions dépendra de la priorité accordée par les acteurs extérieurs au renforcement des institutions souveraines plutôt qu’à l’extraction des ressources. Pour l’instant, de nombreux Libyens craignent que le sort de leur pays ne se négocie encore pas dans les urnes, mais dans des salles de réunion et lors de discussions secrètes, loin de tout contrôle public.
#Afrique#AgressiondesÉtatsUnis#CrimesdelEmpire#ÉtatsUnisetAfrique#Livie#USA
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